Les prévisions sur les perspectives de l'économie mondiale s'assombrissent de jour en jour. Les prévisions des experts ainsi que des institutions financières mondiales sont pessimistes. C'est le cas du Fonds monétaire mondiale (FMI). En effet, cette institution a abaissé sa prévision de croissance mondiale pour cette année et a avertit que la situation pourrait se dégrader davantage, tant les risques sont nombreux.

Ainsi, dans un rapport sur la situation économique, publié le 26 juin, le FMI affirme que la croissance mondiale est désormais attendue à 3,2 % en 2022, soit 0,4 point de moins qu'anticipé lors des précédentes prévisions, en avril. Le FMI explique que « plusieurs chocs ont frappé une économie mondiale déjà fragilisée par la pandémie ». Il a identifié dans ses prévisions sept facteurs de risques « particulièrement préoccupants », dont la concrétisation pourrait aboutir au « scénario du pire » : l'une des crises économiques les plus graves depuis cinq décennies.

Selon cette institution, les incertitudes autour des niveaux de livraison de gaz russe à l'Europe pour 2022 et 2023 plombent l'économie de ce continent. Le FMI constate déjà une baisse de ces livraisons de 40 % par rapport à l'an dernier depuis avril. Le rapport envisage aussi une cessation complète des exportations de gaz russe, ce qui forcerait les pays européens à mettre en place un rationnement de l'énergie, touchant les secteurs industriels majeurs.

L'économie européenne en difficulté

« Les effets de la guerre sur les principales économies européennes ont été plus négatifs que prévu », indique donc le FMI. Les prévisions de croissance économique pour 2022 ont, en effet, été abaissées pour l'Allemagne (-0,9 point à 1,2 %), la France (-0,6 point à 2,3 %) ou encore l'Espagne (-0,8 point à 4,0 %). L'institution avertie qu'une cessation complète des exportations de gaz russe réduirait « nettement » la croissance dans la zone euro en 2022 et 2023. Cela forcerait en effet les pays européens à mettre en place un rationnement de l'énergie, touchant les secteurs industriels majeurs.

Le rapport du FMI affirme que les perturbations supplémentaires sur l'offre pourraient entraîner un enracinement de l'inflation. Des chocs suffisamment importants risqueraient de faire émerger une situation de « stagflation », où la récession serait accompagnée d'une forte inflation, indique également cette institution, qui ajoute que « Le risque de récession est particulièrement important en 2023 ». Le FMI estime également à 60 % le nombre de pays parmi ceux à bas revenus qui risquent de se trouver, ou sont déjà, en difficulté pour leur dette. Il y a 10 ans, le chiffre avoisinait les 20 %, rappelle l'institution.

Inflation et risque de troubles sociaux

Cette situation a poussé le FMI à alerter sur les risques de troubles sociaux dans le monde. En effet, étant donné que les dépenses d'alimentation et d'énergie représentent pour les ménages des dépenses essentielles et sans possibilité de substitution, la situation d'inflation actuelle « représente une menace non seulement pour la stabilité économique, mais aussi pour la stabilité sociale », alerte le FMI qui souligne que « le lien entre prix et stabilité sociale signifie que des obstacles supplémentaires au commerce, ou une faible récolte en raison des chaleurs extrêmes et des pénuries de fertilisant, risquent de provoquer davantage de souffrances, de famines, ou de troubles civils ».

L'institution conclut que cette crise pourrait mener à la fragmentation de l'économie mondiale. « La fragmentation pourrait également diminuer l'efficacité de la coopération multilatérale pour répondre au changement climatique, avec un risque supplémentaire que la crise alimentaire actuelle puisse devenir la norme », prévoit l'institution.