Rien ne va vraiment plus entre l’Algérie et l’Espagne. Les échanges commerciaux, à l’instar des relations diplomatiques entre les deux pays, sont au point mort. L’on a parlé jusqu’à présent des pertes qu’ont subies – et subissent –  les entreprises espagnoles qui se comptent en millions d'euros. Qu’en est-il donc des entreprises algériennes qu’on croit à l’abri de la crise diplomatique ?

Dans un entretien qu’il a accordé à TSA[1]Algérie – Espagne : « Depuis le 8 juin, il n’y a aucun échange… », TSA, le président du Cercle de commerce et d’industrie algéro-espagnol (CCIAE), Djamel Eddine Bouabdallah, en a fait un topo plus ou moins détaillé. Selon lui, beaucoup d'entreprises algériennes subissent de plein fouet la crise entre les deux pays, qui dure depuis 4 mois. « Les entreprises les plus pénalisées sont les PME algériennes industrielles, notamment les PME de céramique qui importaient leurs matières premières essentiellement d’Espagne, et notamment de la région Castellón (région spécialisée dans la céramique) », a déclaré le président du CCIAE. L’industrie du papier, elle aussi, a été fortement impactée, « étant donné, explique M. Bouabdallah, qu’on importait beaucoup de matières, et notamment la pâte à papier qui provenait d’Espagne ».

Le CCIAE pointe du doigt le protectionnisme de l'État algérien

Cependant, à en croire le président du CCIAE, le secteur le plus touché est « incontestablement celui de la pièce de rechange », et ce « pour toutes les catégories de produits et tous les secteurs confondus ». « À cela s’ajoutent, poursuit-il, des usines de dessalement d’eau, dont la maintenance était tenue par des entreprises espagnoles, qui faisaient même l’approvisionnement en produits chimiques et qui ont donc été inévitablement touchées par cette mesure ».

Pour le président du CCIAE, qui rappelle que « depuis le 8 juin, il n’y a aucun échange » entre les deux pays « hormis le gaz et le pétrole », le blocage est un peu plus profond. « (…) Il faut dire qu’avant même l’adoption, au mois de juin dernier, de la mesure relative au gel des échanges commerciaux entre les deux pays, les importations algériennes d’Espagne avaient été affectées par les politiques de l’État, et notamment par les politiques de protectionnisme actionnées par l’Algérie à la fin de l’année 2021 et au début de l’année 2022 », a-t-il déclaré.