Les transferts de devises par la diaspora vers l'Algérie en hausse en 2023

En 2023, la diaspora algérienne a enregistré une hausse en matière de transferts de devises vers leur pays d'origine. Avec un montant total de 1,868 milliard de dollars, ces envois de fonds ont connu une augmentation de 68 millions de dollars par rapport à 2022.

La dernière note d'information sur les migrations et le développement de la Banque mondiale, publiée le 26 juin 2024, révèle les montants des transferts de devises par les diasporas et leurs rôles dans le soutien économique des pays émergents. La diaspora algérienne a transféré 1,868 milliard de dollars au cours de l’année écoulée, soit plus de 68 millions de dollars par rapport à 2022.

L'analyse de l'évolution des transferts de fonds de la diaspora algérienne depuis 2005 révèle une tendance générale à la hausse, bien que marquée par des fluctuations annuelles. En 2021, les transferts s'élevaient à 1,792 milliard de dollars, tandis qu'en 2020, ils étaient légèrement inférieurs à 1,7 milliard de dollars. Les années 2018 et 2019 ont connu des pics respectifs de 1,985 milliard et 1,786 milliard de dollars. Des montants similaires ont été observés en 2016 et 2017 avec respectivement 1,989 milliard et 1,792 milliard de dollars. En 2014, un record historique avait été atteint avec 2,452 milliards de dollars.

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L'Algérie très mal classée dans la région MENA

La Banque mondiale révèle des disparités dans les transferts de fonds au sein de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), dont fait partie l'Algérie. En effet, les Égyptiens ont envoyé 19,532 milliards de dollars en 2023, soit une baisse notable par rapport aux 28,333 milliards de dollars de 2022. Pour le Maroc, les transferts de fonds en 2023 se sont élevés à 11,75 milliards de dollars contre 11,168 milliards de dollars en 2022. Quant à la Tunisie, les envois de fonds ont atteint 2,65 milliards de dollars en 2023, en légère baisse par rapport aux 2,807 milliards de dollars de l'année précédente.

Le rapport de la Banque mondiale note que les transferts vers la région MENA ont diminué de 15 % pour atteindre 55 milliards de dollars en 2023, principalement en raison de la baisse des flux vers l'Égypte. Cette situation est attribuée à l'écart entre les taux de change officiels et parallèles, incitant les transferts de fonds à emprunter des canaux informels. Cependant, l'unification des taux de change en Égypte en mars 2024 a conduit à un rebond des flux officiels.

Néanmoins, les projections de la Banque mondiale pour l'année 2024 indiquent une augmentation de 4,3 % des transferts vers la région MENA. Il est important de souligner que le coût moyen d'envoi de 200 dollars dans la région était de 6,2 % en 2023, soit une légère baisse par rapport à 6,7 % l'année précédente. Ce qui devrait encourager les envois de la diaspora.

Pourquoi les envois de devises par la diaspora algérienne sont faibles ?

Comparés aux montants transférés par les expatriés des pays voisins, les envois des Algériens sont infimes. Cette situation soulève des interrogations sur les raisons de cette disparité, alors que l’Algérie a l’une des diasporas les plus nombreuses et les plus dynamiques de la région.

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La raison principale réside dans l'existence d'un marché noir des devises en Algérie. Le taux de change officiel, fixé par la Banque centrale d'Algérie, est nettement inférieur au taux du marché noir, ce qui incite de nombreux membres de la diaspora à utiliser des canaux informels pour transférer leurs fonds. Ces transferts, non comptabilisés par les circuits officiels, contribuent à la diminution des statistiques officielles.

Le marché noir est, dans ce cas, avantagé par la diaspora algérienne. En effet, en transférant leurs euros via des canaux informels, ils obtiennent un taux de change plus favorable, leur permettant d'envoyer une somme d'argent en dinars algériens plus importante à leurs familles. Cette différence de taux peut atteindre 30 %.


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