Un étudiant algérien a remporté une bataille juridique contre la préfecture du Nord après le refus de sa demande de changement de statut de séjour. Le tribunal administratif de Lille a jugé que la décision préfectorale, accompagnée d’une Obligation de quitter le territoire français (OQTF) et d’une Interdiction de retour (IRTF) d’un an, contrevenait aux termes de l’accord franco-algérien de 1968.
L'étudiant algérien, arrivé en France en 2020 avec un visa long séjour étudiant, souhaitait modifier son titre de séjour pour exercer une activité commerciale. En novembre 2022, il a officiellement enregistré son projet entrepreneurial au registre du commerce, visant des activités variées telles que la vente de matériel informatique et des services dans le domaine de la fibre optique.
En juin 2023, la préfecture du Nord a rejeté sa demande de certificat de résidence portant la mention commerçant. Dans sa décision, l’administration a invoqué plusieurs motifs : l’absence de lien entre les études suivies et le projet entrepreneurial, des doutes sur la viabilité de l’activité commerciale et l’absence de moyens financiers suffisants. Ces arguments ont conduit à une décision administrative sévère incluant une OQTF et une interdiction de retour sur le territoire français à l'encontre de l'étudiant algérien.
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Une violation de l’accord franco-algérien
L’accord franco-algérien de 1968 prévoit des conditions spécifiques pour les ressortissants algériens résidant en France. Il stipule qu’un certificat de résidence d’un an renouvelable peut être accordé pour l’exercice d’une activité non salariée, sans que cela soit conditionné à des critères stricts tels que la rentabilité économique ou un lien avec les études poursuivies en France.
Selon cet accord, la délivrance du certificat de résidence mention commerçant repose uniquement sur l’existence d’une activité enregistrée et ne nécessite pas d’autorisation préalable. L’avocat du requérant a souligné que les motifs avancés par la préfecture dans le dossier de l'étudiant algérien étaient contraires à ces dispositions.
Une victoire juridique d'un étudiant algérien
Saisi en juillet 2023, le tribunal administratif de Lille a examiné la requête de l’étudiant et a statué en sa faveur le 6 décembre 2023. Le tribunal a annulé l’arrêté préfectoral, estimant que les décisions prises contre le ressortissant algérien étaient infondées. En conséquence, l’OQTF, l’interdiction de retour et le signalement dans le système d’information Schengen ont été levés.
Cette décision confirme l’importance du respect des accords bilatéraux dans le traitement des dossiers administratifs. Elle met également en lumière les erreurs possibles dans l’application des lois migratoires par les autorités locales.
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Statut particulier des Algériens
Cette affaire pourrait encourager d’autres ressortissants algériens confrontés à des décisions similaires à contester les refus de titre de séjour. Elle souligne aussi la nécessité pour les préfectures de respecter scrupuleusement les textes en vigueur, notamment lorsqu’ils concernent des accords internationaux.
En annulant cette décision préfectorale, la justice administrative réaffirme le droit des ressortissants algériens à bénéficier de leur statut particulier et à exercer une activité professionnelle en France sans subir des restrictions injustifiées.