Dans une démarche ambitieuse visant à renforcer son autonomie en matière de production d’huiles végétales et à réduire sa dépendance aux importations, l’Algérie a lancé un mégaprojet pour développer la culture des graines oléagineuses. Ce projet, dévoilé par le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Youssef Cherfa, prévoit d’atteindre une superficie cultivée de 300'000 hectares d’ici 2028.
L’objectif principal de cette initiative est de répondre aux besoins de l'Algérie en huiles végétales tout en valorisant les sous-produits issus de la transformation des graines pour la production d’aliments de bétail. Cela permettrait non seulement de réduire la facture d’importation de ces produits, mais aussi de soutenir le secteur agricole local. Les cultures ciblées incluent le tournesol, le colza et le soja, avec un accent particulier sur les régions du sud, où les terres stratégiques seront mises à contribution.
En réponse à une question écrite du député Hicham Safar, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Youssef Cherfa, a expliqué selon le journal Ennahar, que cette stratégie repose sur l’intégration des cultures oléagineuses dans les systèmes de rotation agricole, notamment dans les zones irriguées. L’Algérie vise ainsi à optimiser l’utilisation de ses ressources agricoles et hydriques pour atteindre une production durable et compétitive.
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Algérie : un mégaprojet en deux phases
Pour concrétiser ce projet, le secteur agricole a élaboré un plan en deux phases. En 2025, une superficie totale de 60'000 hectares sera consacrée à la culture du tournesol, dont 25'000 hectares dans le nord et 35'000 hectares dans le sud. Ces terres seront exploitées par des investisseurs privés, des unités de production agricole et des institutions publiques engagées dans le programme. Par ailleurs, 100'000 hectares de soja seront cultivés dans des unités de production dépendant du secteur public.
En ce qui concerne l’année 2024, des avancées significatives ont déjà été réalisées. Une superficie de 21'094 hectares a été consacrée à la culture du colza, dont une partie est dédiée à la production de semences locales. De plus, 3073 hectares de tournesol ont été plantés, avec 2000 hectares dans le sud et 1073 hectares dans le nord. Les récoltes ont déjà commencé, et les productions ont été livrées aux unités de transformation.
Des incitations financières pour les agriculteurs
Pour encourager les agriculteurs à s’engager dans ce projet, le gouvernement a mis en place un système de soutien financier. Les producteurs bénéficieront d’une prime de 3000 dinars par quintal pour la production de graines oléagineuses, ainsi que d’une prime supplémentaire de 3500 dinars pour ceux organisés en coopératives agricoles. Une aide au stockage de 900 dinars par quintal est également prévue, ainsi qu’une incitation de 400 dinars par quintal pour la transformation des graines.
Actuellement, 141 unités de production agricole sont impliquées dans ce programme national, avec un démarrage effectif des opérations depuis 2024. Une superficie de 28'726 hectares a déjà été cultivée dans le cadre de ce plan, démontrant l’engagement des acteurs locaux et la volonté de l’Algérie de réussir ce projet ambitieux.
Avec ce mégaprojet, l’Algérie se positionne comme un acteur majeur dans la production de graines oléagineuses en Afrique du Nord. En combinant stratégie agricole, incitations financières et mobilisation des ressources, le pays espère non seulement atteindre l’autosuffisance en huiles végétales, mais aussi stimuler son économie agricole et réduire sa dépendance aux importations. Un pas de plus vers une agriculture plus résiliente et compétitive.
