Vers la fin du visa Schengen doré en Suisse

En Suisse, le programme de visa doré Schengen, qui permet aux ressortissants non européens fortunés d'obtenir un permis de résidence en échange d'investissements, est aujourd'hui remis en question. Alors que certains partis politiques défendent son utilité économique, d'autres dénoncent une inégalité de traitement et des risques liés à l'origine des investisseurs.

Selon des informations rapportées par Schengen News, le Parti vert suisse a récemment relancé les discussions sur l'abolition de ce programme controversé. Le Parti vert suisse, emmené par le député Balthasar Glättli, demande l'abolition du visa doré, arguant que ce système avantage indûment les plus riches. « Ce qui me dérange, c'est que tout le monde n'est pas traité de manière égale devant la loi sur l'immigration. Les plus riches sont les mieux lotis », a-t-il déclaré.

Selon lui, le visa doré crée une discrimination entre les migrants en fonction de leur fortune, sans garantie éthique quant à l'origine des fonds investis. Glättli soulève également des inquiétudes quant au profil des bénéficiaires, notamment des ressortissants russes et chinois, suggérant que le programme pourrait attirer des personnalités liées à des régimes autoritaires.

Immigration Visa France : Capago Algérie modifie la procédure de paiement

Suisse : le visa doré continue à séduire les investisseurs étrangers

Malgré les critiques, le nombre de détenteurs de visas dorés en Suisse ne cesse d'augmenter. Selon les données du Secrétariat suisse aux migrations, 496 personnes bénéficient actuellement de ce dispositif, contre 404 en 2022. Les conditions varient selon les cantons : l'investissement requis s'élève à 250 000 CHF (256 000 €) à Obwald, contre au moins 1 million de CHF (1 070 370 €) à Zurich.

Introduit en 2008, le visa doré suisse vise à attirer des investisseurs hors Union européenne, leur offrant un permis de résidence convertible en citoyenneté après dix ans. Par ailleurs, certains cantons proposent des régimes fiscaux avantageux pour les entrepreneurs étrangers, à condition que leurs revenus ne proviennent pas d'activités en Suisse.

Contrairement aux Verts, l'Union démocratique du centre (UDC), parti d'extrême droite, soutient le maintien du visa doré. Barbara Steinemann, députée UDC, estime que ce programme est bénéfique pour l'économie suisse. « Nous avons besoin d'une immigration bénéfique pour la société dans son ensemble et pour l'économie. Et c'est assurément le cas pour ces personnes », a-t-elle déclaré.

La Suisse n'est pas le seul pays à proposer un visa doré. Plusieurs États membres de l'UE ont des programmes similaires, souvent critiqués pour leur manque de transparence. Ces dispositifs sont régulièrement au cœur de scandales financiers, ce qui pousse certains pays, comme l’Espagne, le Portugal et l'Irlande, à les réformer ou les supprimer.

Immigration L’ambassade d’Algérie en France recrute 48 enseignants : voici les conditions pour postuler

 


Vous aimez cet article ? Partagez !