Plusieurs travailleurs sans-papiers employés dans un hypermarché Carrefour à Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine) ont lancé le 21 mai 2025, un mouvement de grève. Originaires d’Algérie et du Maroc, ils accusent des responsables au sein du magasin de leur avoir extorqué plusieurs milliers d’euros en échange d’un contrat de travail ou d’une promesse de régularisation de leur situation administrative.
Selon Libération, les faits dénoncés sont précis. Les travailleurs grévistes affirment avoir versé entre 2 000 et 2 500 euros à des individus présentés comme proches de l’encadrement ou de l’organisation interne du magasin. En échange, ces intermédiaires auraient promis un contrat à durée indéterminée (CDI) ou une assistance dans les démarches administratives visant à l’obtention d’un titre de séjour.
Selon les témoignages recueillis sur place, cette pratique s’est étendue sur plusieurs mois. Les personnes concernées, déjà employées sans contrat légal, ont continué à exercer des fonctions de manutention, de mise en rayon ou de nettoyage dans des conditions précaires. Certains ont été licenciés dès qu’ils ont évoqué ces pratiques auprès de la direction.
Carrefour reconnaît des « négligences graves »
Le groupe Carrefour, contacté par les médias, a confirmé avoir été informé des accusations. La direction évoque des « négligences graves » dans la gestion du personnel concerné, sans détailler les responsabilités individuelles ni les suites données à l’affaire. Aucune action disciplinaire ni mesure de régularisation n’a pour l’instant été rendue publique.
L’affaire pose la question du contrôle interne au sein des grandes enseignes. Dans les structures de cette taille, le recrutement de personnel sans-papiers, souvent via la sous-traitance ou des réseaux informels, reste difficile à tracer, mais constitue un phénomène bien documenté dans le secteur de la distribution.
Un problème dans les métiers en tension
Le recours à de la main-d’œuvre sans titre de séjour concerne de nombreux secteurs, notamment la grande distribution, la logistique et le bâtiment. Les sans-papiers, souvent sans autre solution pour subvenir à leurs besoins, acceptent des postes pénibles, sans protection juridique, avec des horaires irréguliers et un accès restreint aux droits sociaux.
L’exploitation de cette population passe parfois par des circuits d’extorsion, où des individus agissent comme « facilitateurs » et tirent profit de la vulnérabilité administrative des travailleurs. Les montants exigés pour une promesse de contrat ou une lettre d’employeur peuvent dépasser plusieurs mois de salaire.
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