Des milliers d'Algériens en situation irrégulière à l'étranger restent privés de passeport, malgré les engagements des plus hautes autorités du pays.
Le député Abdelouahab Yagoubi a interpellé le gouvernement algérien concernant les difficultés persistantes rencontrées par des milliers de citoyens algériens sans-papiers à l'étranger pour obtenir des passeports. Dans une lettre adressée au ministre des Affaires étrangères et publiée sur sa page Facebook le 8 juin 2025, l'élu dénonce un retard dans l'exécution des engagements présidentiels annoncés en mars 2024.
Le 30 mars 2024, le président de la République algérienne avait promis que tous les citoyens résidant à l'étranger, y compris ceux en situation irrégulière, pourraient obtenir un passeport biométrique dans un délai de deux mois. Selon la lettre du député Yagoubi, cette mesure devait permettre "d'intégrer l'ensemble des Algériens non enregistrés à l'étranger" sans condition de résidence légale dans le pays d'accueil.
Un an d'attente
Plus d'un an après cette annonce, la situation reste bloquée en raison de textes réglementaires non révisés. L'arrêté interministériel du 23 avril 2015 exige toujours une preuve de résidence légale pour obtenir un passeport biométrique. Seule solution temporaire : le passeport d'urgence d'un an, prévu par le décret exécutif du 3 février 2016, mais jugé insuffisant par le parlementaire.
"Cette situation crée une insécurité et un malaise au sein de cette frange vulnérable de la communauté", déplore Abdelouahab Yagoubi dans sa missive. Le député rappelle avoir abordé ce sujet à plusieurs reprises avec les responsables concernés, notamment lors d'une réunion avec le ministre le 3 juillet 2024, puis avec le secrétaire d'État chargé de la communauté nationale à l'étranger le 9 décembre 2024.
Des conséquences humaines dramatiques
L'impasse administrative a des répercussions concrètes sur la vie des concernés. Des milliers d'Algériens, dont des familles et des enfants, se retrouvent privés de leurs droits fondamentaux. "Cette situation les expose à des difficultés juridiques et administratives compromettant leur stabilité sociale et professionnelle", insiste le député dans sa lettre. Certains se retrouvent même dans des situations de précarité extrême, vulnérables à l'exploitation et au chantage.
Dans sa question écrite, l'élu demande avec insistance au ministre de préciser "dans quels délais sera finalisé le processus de coordination avec les autorités concernées". Il réclame une révision urgente des textes pour mettre fin aux souffrances de ces concitoyens et appliquer enfin les instructions du chef de l'État.
