Le gouvernement algérien a arrêté sa position budgétaire pour 2026 : aucune mesure d’austérité ne sera mise en œuvre. Dans un contexte international volatil et marqué par l’instabilité des cours du pétrole, les autorités maintiennent une trajectoire de dépense publique ascendante. Objectif : soutenir l’activité économique nationale sans recourir à des coupes dans les programmes sociaux ou les investissements structurants.
Le plafond des dépenses pour l’année 2026 a été fixé à 17 948,64 milliards de dinars, en hausse de 6,9 % par rapport aux 16 794 milliards de dinars inscrits au budget 2025. Cette augmentation confirme la poursuite d’une politique budgétaire expansionniste. Elle s’appuie principalement sur les revenus des hydrocarbures, avec un baril de pétrole anticipé à 60 USD, un niveau conservateur au vu de la volatilité des marchés mondiaux.
Le ministère des Finances a précisé que ce budget s’inscrit dans un cadre triennal 2025-2027, qui prévoit un ajustement progressif du déficit public. Aucun resserrement brutal n’est envisagé. La priorité reste la consolidation de la croissance, en particulier via le soutien à la consommation intérieure et aux secteurs productifs.
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Rationalisation de la dépense, sans gel ni coupes
Plutôt que de réduire les dépenses, l’exécutif mise sur une optimisation des flux budgétaires. Une instruction officielle adressée aux ordonnateurs publics impose une justification détaillée de chaque poste de dépense, avec une exigence de traçabilité renforcée. Chaque allocation devra faire l’objet d’une évaluation rigoureuse, tant sur sa pertinence économique que sur son efficacité opérationnelle.
Cette démarche vise à renforcer la performance de la dépense publique sans affecter les enveloppes allouées aux secteurs prioritaires : infrastructures, santé, éducation, énergie et industrie. Le gouvernement entend ainsi maintenir le niveau d’intervention de l’État tout en instaurant une discipline dans l’exécution budgétaire.
Maintien des subventions et préservation du pouvoir d’achat
Le projet de budget confirme le maintien des subventions sur les produits de première nécessité et l’énergie. Aucun mécanisme de ciblage ou de révision à la baisse n’est évoqué pour 2026. Ce choix répond à une double logique : contenir les tensions sociales et préserver le pouvoir d’achat des ménages, dans un contexte marqué par l’inflation importée et l’instabilité des chaînes d’approvisionnement.
Les dépenses sociales continuent donc de peser lourd dans l’architecture budgétaire. Elles représentent un levier central dans la stratégie de stabilisation économique et de soutien à la demande intérieure.
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Une politique anticrise sans recours à l’austérité
Face aux incertitudes géopolitiques et financières mondiales, le gouvernement algérien a opté pour une politique budgétaire contre-cyclique, en rupture avec les approches d’austérité adoptées ailleurs. L’État assume un rôle moteur dans la dynamique économique, en intervenant par la dépense publique pour compenser les effets de l’instabilité externe.
Ce choix repose sur un constat : l’économie nationale a encore besoin de leviers publics pour se transformer, diversifier ses sources de revenus et créer de l’emploi. La consolidation budgétaire viendra ensuite, par l’élargissement de l’assiette fiscale, l’amélioration de la gouvernance et une gestion active de la dette.
