Un couple algérien et ses quatre enfants doivent quitter la France après le rejet de leur recours contre une obligation de quitter le territoire français (OQTF). La décision du tribunal administratif d'Amiens, rendue le 11 août 2025, met fin à sept ans de vie dans l'Hexagone pour cette famille installée dans l'Oise.
Siham Touhami, 38 ans, et son mari Mamar, chef d'équipe dans le bâtiment, avaient introduit un recours contre l'OQTF notifiée fin décembre 2024, rapporte le média local Courrier Picard. Après une audience publique tenue le 2 juillet 2025, leurs espoirs se sont évanouis. Le tribunal a estimé que leur expulsion ne présenterait pas "de conséquences d'une exceptionnelle gravité", malgré leur ancrage local dans le quartier Saint-Barthélémy à Noyon.
Le verdict tombe à trois semaines de la rentrée scolaire. Les deux aînés, dont Bochra, 14 ans, ne pourront pas réintégrer le collège Notre-Dame. Les plus jeunes quittent quant à eux l'école élémentaire Marcel-Provost. "Je voulais passer mon brevet ici", confie l'adolescente, visiblement bouleversée par cette obligation de quitter la France. La famille doit désormais organiser son retour en Algérie pour les environs du 15 septembre.
France : une mobilisation citoyenne insuffisante
La cause de cette famille algérienne avait pourtant suscité un élan de solidarité dans la région. Des associations (SOS Devoirs, AHSE), la Ligue des droits de l'homme et même des parents d'élèves s'étaient mobilisés. Une manifestation avait été organisée en mai 2025 à l'initiative d'un fonctionnaire de police local. La maire LR de Noyon, Sandrine Dauchelle, avait personnellement intercédé auprès du préfet Jean-Marie Caillaud, soulignant leur "parfaite intégration".
Les chiffres officiels révèlent que l'Oise est le département picard le plus concerné par les obligations de quitter le territoire français. Entre 2019 et 2022, 3343 OQTF y ont été prononcées, contre 2706 dans la Somme et 1042 dans l'Aisne. Ces chiffres restent néanmoins inférieurs à ceux des départements du Nord (18724) et du Pas-de-Calais (17682).
Cette décision judiciaire marque la fin d'un parcours migratoire de sept ans pour la famille Touhami en France. Elle illustre aussi la complexité des dossiers d'expulsion, où les considérations humaines se heurtent souvent à la rigueur administrative. Les enfants, particulièrement affectés, devront maintenant se reconstruire dans un pays qu'ils ont quitté alors qu'ils étaient encore très jeunes.