En France, certains étudiants étrangers se retrouvent contraints d’accepter des emplois non déclarés pour financer leurs études et couvrir leurs dépenses quotidiennes. Entre le plafonnement légal des heures de travail et le coût de la vie élevé, ces situations concernent principalement les étudiants extracommunautaires dans les grandes villes universitaires.
Mateo, 24 ans, originaire de Colombie, arrive à Paris en septembre 2025 pour intégrer une licence d’audiovisuel dans une université parisienne. Diplômé des Beaux-Arts de l’université nationale de Colombie, il décide de poursuivre ses études en France après avoir découvert la culture et la littérature françaises. Pour obtenir son visa de long séjour étudiant, il doit justifier de 615 euros de ressources mensuelles et arrive avec 1 500 euros d’économies.
Rapidement, ses dépenses dépassent ce budget. Son loyer atteint 540 euros par mois, auxquels s'ajoutent les frais alimentaires et de transport. Mateo envoie également entre 300 et 400 euros chaque mois à sa mère restée en Colombie. Selon une enquête publiée ce vendredi 4 avril 2026 par Le Monde, de nombreux étudiants étrangers vivent des situations similaires, avec des ressources insuffisantes pour couvrir leurs frais de logement et d'études.
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Une limitation légale qui pousse au travail non déclaré
En octobre 2025, Mateo décroche un emploi de serveur dans un restaurant parisien. Il signe un CDI avec une période d’essai de quatre mois, travaillant environ 100 heures par mois pour un salaire de 914 euros nets. Ce revenu ne suffit pas à couvrir l’ensemble de ses charges mensuelles.
La réglementation française limite les étudiants étrangers hors Union européenne à 964 heures de travail par an, soit environ 20 heures par semaine. Cette restriction, visant à préserver leur statut étudiant, réduit leur capacité à financer leurs dépenses par le biais d’un emploi déclaré. Dans ce contexte, certains acceptent des heures supplémentaires non déclarées pour compléter leurs revenus.
Des secteurs particulièrement concernés par le travail au noir
Les témoignages indiquent que les emplois non déclarés concernent principalement la restauration, le ménage et la livraison. Dans ces emplois, les horaires peuvent dépasser les limites autorisées, et les salaires sont parfois versés en espèces, sans fiche de paie ni déclaration officielle.
Une étudiante étrangère interrogée dans l’enquête a déclaré : « Je me sentais comme une esclave ». Elle décrit des journées longues et l’absence de protection sociale. Les étudiants concernés expliquent qu’ils acceptent ces emplois pour payer leur logement, leurs frais universitaires et leurs dépenses quotidiennes. La dépendance économique limite leur capacité à refuser ces propositions.
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Des démarches administratives qui accentuent la précarité des étudiants étrangers
Les étudiants étrangers doivent renouveler régulièrement leur titre de séjour étudiant, et les délais administratifs peuvent durer plusieurs mois. Durant cette période, l’accès à un emploi déclaré devient plus complexe, poussant certains à recourir au travail au noir pour maintenir un revenu.
La hausse du coût de la vie dans les grandes villes universitaires accentue cette situation. À Paris, les loyers dépassent fréquemment 500 euros pour une chambre, selon les témoignages recueillis. Les étudiants extracommunautaires disposent rarement d’un réseau familial en France. Cette dépendance économique renforce le recours au travail non déclaré pour financer études et logement, révélant une réalité difficile pour une partie des étudiants internationaux.
