Titres de séjour “métiers en tension” : pourquoi si peu de régularisations en 2025 ?

En 2025, la France a délivré 1 655 titres de séjour dans le cadre du dispositif « métiers en tension ». Ce chiffre a été communiqué par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez dans un message adressé aux préfets et consulté par l’AFP le 15 avril 2026.

Ce dispositif concerne des travailleurs étrangers déjà présents sur le territoire et employés dans des secteurs qui rencontrent des difficultés de recrutement. Il s’agit d’une procédure d’admission exceptionnelle au séjour, encadrée par la loi immigration adoptée en 2024.

Un dispositif encadré par des conditions strictes

Pour pouvoir déposer une demande, plusieurs conditions doivent être réunies. Les personnes concernées doivent justifier d’au moins 12 mois de travail sur les 24 derniers mois, avec des fiches de paie à l’appui. Elles doivent aussi prouver une présence en France d’au moins trois ans.

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Le dispositif repose sur une liste officielle d’environ 80 métiers considérés comme en tension. Cette liste a été actualisée en mai 2025. Elle remplace une version précédente datant de 2021 et doit être révisée chaque année.

On y retrouve plusieurs métiers présents sur tout le territoire, comme les aides à domicile, les infirmiers, les cuisiniers, les employés du bâtiment, les travailleurs agricoles ou encore les agents d’entretien. Ces professions sont considérées comme manquant de main-d’œuvre dans de nombreuses régions.

Certaines professions ne sont reconnues comme en tension que dans des zones précises. Par exemple, les géomètres en Normandie, les tuyauteurs en Île-de-France ou encore les ingénieurs télécoms dans les Hauts-de-France.

Seulement 1 655 titres délivrés en 2025

Dans son télégramme, Laurent Nuñez indique clairement : « L'admission exceptionnelle de séjour au titre des métiers en tension n'a donné lieu en tout et pour tout qu'à 1 655 titres de séjour en 2025 ». Il précise aussi que « seuls 50 % des dossiers » ont été traités par les préfectures.

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Ces chiffres doivent être replacés dans un ensemble plus large. En 2025, la Direction générale des étrangers en France a recensé 9 690 admissions exceptionnelles au séjour pour motif économique.

Le ministre évoque également une tendance similaire pour le début de l’année 2026. Il demande aux préfets de veiller à la mise en œuvre du dispositif, tout en rappelant que celui-ci ne donne pas un droit automatique à un titre de séjour.

Des critiques sur la liste des métiers concernés

La liste des métiers en tension fait régulièrement débat. Jean-Albert Guidou, secrétaire général de l’union locale de la CGT à Bobigny, remet en cause la manière dont elle est construite. Il explique : « Cette liste devait être établie sur la base du nombre de travailleurs étrangers dans les secteurs économiques. Quand on reprend la liste, on s’aperçoit que ce n’est pas le cas ».

Selon lui, plusieurs secteurs dans lesquels travaillent de nombreux étrangers ne figurent pas ou peu dans la liste. Il cite notamment le bâtiment, une partie de la restauration, la logistique ou encore la gestion des déchets.

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En Île-de-France, il souligne que certains métiers très présents sur le terrain, comme les serveurs ou les aides de cuisine, ne sont pas classés comme métiers en tension, alors même que la demande reste élevée.

Une baisse des régularisations par le travail

Les chiffres de 2025 montrent aussi une baisse des régularisations. Sur les neuf premiers mois de l’année, les admissions exceptionnelles au séjour ont reculé de 42 %. Les régularisations liées au travail ont, elles, diminué de 54 %.

Cette évolution est liée à l’application de la circulaire Retailleau, qui a renforcé les conditions d’accès à la régularisation pour les travailleurs sans papiers. Dans ce contexte, les titres de séjour « métiers en tension » représentent une part limitée des régularisations globales.

Un cadre administratif plus strict

Le ministère de l’Intérieur insiste aussi sur le suivi des situations irrégulières. Dans son message, Laurent Nuñez demande une implication renforcée des préfets dans le traitement des dossiers.

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Il écrit : « L'éloignement des étrangers en situation irrégulière doit être poursuivi avec détermination ». Les données transmises indiquent une hausse de 8,3 % des éloignements en février 2026 par rapport à février 2025. Ces éléments s’inscrivent dans une politique qui combine gestion des régularisations et renforcement des contrôles administratifs.


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