France : la titularisation des médecins étrangers bientôt simplifiée

Le gouvernement français a annoncé une réforme attendue par des milliers de médecins diplômés hors Union européenne. Une concertation va s'ouvrir rapidement pour modifier les règles de titularisation de ces praticiens qui exercent souvent depuis des années dans les hôpitaux français. Le ministère de la Santé promet une simplification concrète du parcours actuel.

Le cabinet de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a indiqué mercredi 29 avril 2026 que le gouvernement allait « simplifier » la procédure de titularisation des médecins diplômés hors de l'Union européenne, « dès qu'un vecteur législatif » le permettra.

Une concertation sera prochainement lancée avec les ordres professionnels (médecins, sage-femmes, dentistes), les représentants des praticiens à diplôme hors Union européenne (Padhue), ainsi que des médecins et établissements de santé. L'objectif affiché est de « reconnaître » leur exercice tout en garantissant « la sécurité des soins ».

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Cette annonce intervient deux jours après que le président Emmanuel Macron s'est emporté sur le sort de ces Padhue, notamment algériens. Ces praticiens sont contraints de repasser des concours pour être titularisés et travailler dans les mêmes conditions que leurs confrères européens, après parfois des années d'exercice à l'hôpital.

Le parcours actuel des Padhue

Pour être titularisés, les Padhue doivent aujourd'hui réussir les épreuves de vérification des connaissances (EVC). Une fois ce concours obtenu, ils entament un parcours de consolidation des compétences (PCC), un stage de deux ans dont la durée peut être réduite sous conditions. À l'issue de ce parcours, une commission décide de les autoriser ou non à exercer.

Le système actuel des EVC repose sur une logique d'ouverture de postes en fonction des besoins territoriaux. Chaque poste est attribué selon le rang au classement. Le ministère a expliqué que ce fonctionnement pouvait conduire un praticien exerçant dans le sud de la France à devoir partir dans le nord, « cassant la dynamique » de son insertion.

Les modifications envisagées par le ministère

Le gouvernement souhaite passer « vers une logique d'examen » plutôt que de concours, en lien avec l'établissement où le médecin travaille déjà. Une loi est nécessaire pour opérer ce changement et l'exécutif a précisé qu'il utiliserait « tout vecteur législatif qui permettra de le faire », rapporte Nice Matin.

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Le ministère veut également donner « plus de poids aux chefs de service qui les encadrent » pour la validation finale du parcours et mieux définir « les attendus » en amont des PCC. Un autre problème doit être réglé : celui des médecins exerçant dans une spécialité qui n'est pas mentionnée sur leur diplôme initial et qui ne peuvent donc pas s'inscrire au concours.

Le bilan des réformes précédentes et le contexte

Le ministère assure avoir déjà « simplifié » le parcours des Padhue par le passé. Entre 2019 et 2023, la loi Santé a « contribué à régulariser » une partie du « stock » de praticiens dont les situations administratives étaient « bloquées depuis des années ».

Ces médecins sont qualifiés par le ministère de « précieux pour nous, en termes d'accès aux soins ». Leur présence dans les hôpitaux répond à des besoins réels, dans un contexte de tensions sur la démographie médicale. La concertation annoncée vise à sécuriser leur statut tout en maintenant les exigences de qualité des soins, selon les déclarations du cabinet de Stéphanie Rist.


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