Le mariage d'un Algérien sous OQTF avec une Finlandaise a été célébré le 11 avril 2026 à Chessy, en Seine-et-Marne, après une année de procédures judiciaires. La cérémonie s'est déroulée discrètement, alors que le maire de la commune s'était opposé à cette union jusqu'à y être contraint par la justice.
L'affaire débute en mai 2025, lorsque le couple décide de se marier à Chessy. L'homme, de nationalité algérienne, fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF) depuis plusieurs années. Le maire divers droite de l'époque, Olivier Bourjot, et ses sept adjoints refusent de célébrer la cérémonie. Ils estiment que cette union est suspecte et pourrait constituer un mariage de complaisance destiné à régulariser la situation administrative de l'homme.
La municipalité effectue un signalement auprès des autorités compétentes. Des investigations sont menées. Le 7 juillet 2025, le procureur de la République rend une décision de non-opposition au mariage. Les investigations n'ont pas permis de démontrer l'intention frauduleuse des membres du couple, ces derniers ayant au contraire fourni plusieurs preuves de la sincérité de leur relation amoureuse. Olivier Bourjot maintient néanmoins sa position et refuse de célébrer l'union.
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Une bataille judiciaire devant le tribunal de Meaux
Le 10 décembre 2025, la mairie de Chessy reçoit une ordonnance du tribunal l'intimant de procéder à la célébration du mariage. Le couple a engagé une procédure de référé civil pour faire valoir son droit. Le tribunal indique par ailleurs que l'OQTF visant le marié n'est plus valide. Face à cette décision, Olivier Bourjot et ses adjoints présentent leur démission. La préfecture de Seine-et-Marne la refuse afin de prévenir toute perturbation du fonctionnement de la commune.
🔴🇫🇷 𝗔𝗟𝗘𝗥𝗧𝗘 𝗜𝗡𝗙𝗢 — Contraint par la justice de célébrer le mariage d’un Algérien en situation IRRÉGULIÈRE sous OQTF, le maire de Chessy, Olivier Bourjot (DVD), et sa commune risquent de devoir PAYER 53 000 € après son REFUS.
« C’est le monde à l’envers », déclarait-il… pic.twitter.com/SxRlDAaEwb
— Bastion (@BastionMediaFR) January 15, 2026
Mi-janvier 2026, l'avocate du couple saisit la juge de l'exécution du tribunal judiciaire de Meaux. Elle demande que la commune soit contrainte de publier les bans et de fixer une date de mariage. Elle sollicite également une astreinte financière en cas de non-exécution. Quelques jours plus tard, le tribunal fixe une astreinte de 500 euros par jour si les bans ne sont pas publiés et si aucune date de célébration n'est arrêtée dans un délai de 24 heures.
La publication des bans et la célébration en avril
Les bans sont finalement publiés le 26 février 2026. Le mariage est célébré dans la discrétion le 11 avril 2026. C'est Cyril Marsaud, nouveau maire de Chessy et ancien adjoint d'Olivier Bourjot, qui officie lors de la cérémonie, rapporte Le Parisien ce samedi 9 mai 2026.
Cyril Marsaud déclare au quotidien ne pas avoir changé d'avis sur le fond du dossier. Il affirme : "Personne n'a changé d'avis. Pour nous, ce mariage est insincère. Mais la loi s'est appliquée. Quand le tribunal nous met à l'amende, en disant que la prochaine fois, ce sera plus élevé, il y a un moment où on respecte la loi. Je ne veux pas que les administrés aient à payer trop cher cette incohérence de l'État."
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Les déclarations de l'ancien maire et la position des autorités
Olivier Bourjot s'était exprimé sur cette affaire avant la célébration. Il déclarait : "Parce qu'un préfet a pris une décision, en l'occurrence une OQTF qui n'a pas été exécutée, un maire se retrouve contraint de célébrer le mariage d'une personne qui ne devrait pas être sur le territoire". Cette déclaration résume la position défendue par l'ancien maire et ses adjoints tout au long de la procédure.
Le procureur de la République, dans sa décision du 7 juillet 2025, avait pourtant conclu que les investigations n'avaient pas permis de démontrer l'intention frauduleuse des membres du couple. Les deux époux avaient livré plusieurs preuves sur la nature personnelle et amoureuse de leurs relations. Le mariage a donc été célébré conformément à la loi, après que toutes les voies de recours de la municipalité ont été épuisées et que l'injonction judiciaire est devenue exécutoire.
