Regroupement familial en Suisse : ce que révèlent les chiffres sur les Algériens

Le regroupement familial en Suisse fait l'objet de données exclusives du Secrétariat d'État aux migrations (SEM), qui dévoilent pour la première fois l'origine des personnes arrivant par ce biais. Cette évaluation couvre la période 2008 à 2025. Les chiffres concernant les ressortissants algériens apportent un éclairage sur leur place dans ce flux migratoire.

Le SEM a analysé les regroupements familiaux au sein de la population résidante permanente étrangère, qui comprend les titulaires d'un permis C, d'un permis B ou d'un permis de séjour de courte durée L. Les données proviennent de la statistique des étrangers pour la migration hors du domaine de l'asile. L'évaluation exclut la population étrangère non permanente, c'est-à-dire les personnes vivant en Suisse depuis moins d'un an avec un permis de courte durée.

Les regroupements familiaux des personnes admises à titre provisoire n'ont pas été comptabilisés. Ces cas représentent une moyenne de 80 personnes par an selon le SEM. Les chiffres incluent le regroupement familial avec des Suisses et avec des étrangers. Chaque année, environ 7 000 personnes rejoignent la Suisse dans le cadre d'un regroupement familial avec des citoyens suisses, le reste concernant des ressortissants étrangers.

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Les chiffres globaux du regroupement familial en Suisse

Le regroupement familial constitue le deuxième motif d'immigration en Suisse, après l'immigration de travail. Les données du SEM montrent une stabilité depuis 2008 dans le domaine non lié à l'asile. En moyenne, 44 000 personnes arrivent chaque année par ce biais. Le taux par rapport à l'ensemble de l'immigration dans ce domaine est passé de 31 % en 2008 à 25 % en 2025.

Dans le domaine de l'asile, environ 3 000 regroupements familiaux sont enregistrés chaque année. Ce chiffre englobe les personnes arrivées en Suisse, les enfants de réfugiés nés sur le territoire et les membres de la famille déjà présents dans le pays. Un porte-parole du SEM explique que la hausse observée à partir de 2024 résulte d'un effet statistique retardé lié aux nombreuses demandes d'asile de 2022 et 2023. En additionnant les deux domaines, on atteint une moyenne annuelle de près de 50 000 personnes.

La place de l'Algérie dans le classement

Le tableau publié ce lundi 18 mai 2026 par le quotidien suisse 24 heures détaille 50 pays d'origine avec le nombre absolu de personnes arrivées par regroupement familial. L'Algérie y figure avec 3 279 personnes sur la période 2008-2025. La part du regroupement familial dans la migration totale algérienne atteint 70 %, un pourcentage identique à celui du Brésil, de la Serbie ou du Paraguay.

L'Allemagne domine le classement en valeur absolue avec 82 414 personnes, suivie du Portugal avec 67 607 personnes et de l'Italie avec 62 667 personnes. La France occupe la quatrième place avec 52 695 personnes. Le Kosovo arrive en cinquième position avec 34 421 personnes. Les États-Unis suivent avec 27 033 personnes. Le Maroc et la Tunisie, autres pays du Maghreb, comptabilisent respectivement 6 844 et 6 107 personnes sur la période.

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Les facteurs explicatifs et les projets politiques

Deux facteurs expliquent les pourcentages élevés de regroupement familial pour certains pays. La Suisse compte une importante communauté originaire des Balkans, qui maintient des liens avec les pays d'origine. L'immigration depuis des pays tiers étant plus restrictive que celle régie par la libre circulation des personnes, le regroupement familial devient un canal privilégié. Pour les pays de l'UE, la migration s'effectue davantage dans le cadre professionnel.

L'initiative UDC « Pas de Suisse à 10 millions ! » cible le regroupement familial. Si la population dépasse 9,5 millions d'habitants avant 2050, le Conseil fédéral et le Parlement devront agir dans ce domaine. La conseillère nationale Sandra Sollberger a plaidé pour une limitation dans le domaine de l'asile. Le conseiller national Thomas Matter dénonce l'étendue du regroupement familial dans le cadre de la libre circulation des personnes. Selon les données du SEM, 1 447 parents sont venus en Suisse entre 2008 et 2025 par cette voie.


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