En France depuis 18 ans et salarié déclaré d'un métier en tension, il reçoit une 3e OQTF

En France, un habitant de Petit-Quevilly, père de trois enfants scolarisés et titulaire d’un emploi déclaré dans un métier en tension, a reçu une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Cet homme de 38 ans, présent en France depuis 18 ans, est visé pour la troisième fois en huit ans par une telle mesure.

La préfecture de la Seine-Maritime a pris cet arrêté à l’encontre de Mohamed, ressortissant égyptien âgé de 38 ans. Installé en France depuis 18 ans, il vit à Petit-Quevilly avec son épouse et leurs trois enfants de 5, 7 et 10 ans. L’administration lui reproche, dans cette nouvelle décision, de ne pas avoir d’attaches familiales suffisantes en France et de représenter une charge pour la société.

Mohamed occupe pourtant un emploi déclaré de peintre en bâtiment, un métier reconnu comme étant en tension. Les deux premières OQTF, prononcées sur une période de huit ans, reposaient sur d’autres motifs. La première fois, l’absence de travail déclaré lui avait été reprochée. La deuxième fois, la préfecture avait mis en avant le fait que son épouse, de nationalité algérienne, ne disposait pas de titre de séjour, rapporte le média ICI vendredi 22 mai 2026.

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France : recours devant le tribunal administratif

L’avocate de Mohamed, Me Cécile Madeline, a annoncé un recours devant le tribunal administratif. Elle dénonce des disparités de traitement entre les préfectures. Selon elle, dans plusieurs grandes préfectures, un dossier similaire aboutirait à une régularisation au titre des métiers en tension, tandis que d’autres préfectures appliquent des critères plus restrictifs.

Me Madeline conteste le motif de « charge pour la collectivité ». Elle rappelle que son client travaille de manière déclarée, que son employeur paie les cotisations sociales, et que Mohamed ne perçoit pas l’assurance maladie, comme tout travailleur sans papiers dépassant un certain seuil de ressources. L’avocate estime que ces cotisations participent au financement des retraites en France. Elle ajoute que Mohamed parle couramment le français, paie son loyer et subvient aux besoins de ses trois enfants sans demander d’aides publiques.

Mohamed a déclaré ne pas comprendre la décision de la préfecture. Il craint de devoir quitter sa femme et ses enfants. Il se lève chaque jour à six heures du matin pour exercer son métier de peintre en bâtiment. Il redoute également de perdre son emploi en cas de contrôle de l’Urssaf, car son employeur l’a bien déclaré mais lui-même ne dispose pas de titre de séjour valide. Le recours contre l’OQTF est désormais en cours devant le tribunal administratif.


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