OQTF : pourquoi les Algériens sont si nombreux dans les chiffres français

La présence importante des Algériens dans les chiffres français des OQTF suscite une vive polémique. Pour Paris, ces données traduisent l’ampleur des difficultés liées à l’immigration irrégulière. Pour Alger et plusieurs voix algériennes, elles seraient aussi faussées par un phénomène peu évoqué : des sans-papiers d’autres nationalités se déclareraient Algériens pour compliquer leur expulsion.

En 2025, la France a recensé 192 140 interpellations d’étrangers en situation irrégulière, en hausse de 30,6 % sur un an. Les ressortissants algériens représentaient une part importante de ces interpellations, avec 51 133 cas, soit 26,6 % du total, selon les données du ministère français de l’Intérieur. La même année, la France a procédé à 2 539 éloignements de ressortissants algériens, contre 2 999 en 2024, soit une baisse de 15,3 %.

Des chiffres gonflés par de fausses déclarations ?

C’est l’explication avancée par Mehdi Ghezzar. Selon l’éditorialiste algérien, une bonne partie des OQTF présentées en France comme visant des Algériens concernerait en réalité des personnes originaires d’autres pays. D’après lui, des sans-papiers tunisiens, marocains, Libyens, mauritaniens, Syriens ou moyen-orientaux se déclareraient Algériens lors de contrôles afin de rendre leur éloignement plus difficile. Mehdi Ghezzar considère ainsi, ces chiffres comme « gonflés » par des non-Algériens.

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Cette affirmation repose sur une réalité administrative : l’identité d’une personne interpellée n’est pas toujours immédiatement établie. En l’absence de passeport ou de document fiable, les autorités françaises peuvent se retrouver face à une nationalité déclarée, parfois difficile à vérifier rapidement. Or, entre une déclaration lors d’un contrôle et une confirmation officielle par un consulat, il peut y avoir un écart important.

Pourquoi se dire Algérien peut compliquer l’expulsion

L’expulsion d’une personne sous OQTF ne dépend pas uniquement de la décision française. Pour renvoyer un étranger sans document de voyage valide, Paris doit obtenir un laissez-passer consulaire du pays supposé d’origine. Sans ce document, l’éloignement devient très difficile, parfois impossible dans les délais de rétention.

C’est là que le dossier algérien devient sensible. Les relations entre Paris et Alger ont connu de fortes tensions autour des OQTF, notamment sur la délivrance des laissez-passer consulaires.  Cette situation peut encourager certains sans-papiers non algériens à se présenter comme Algériens, surtout s’ils pensent que la procédure sera plus longue ou plus incertaine. Cela ne signifie pas que tous les chiffres sont faux, mais que la lecture brute des statistiques peut être trompeuse.

Une polémique au cœur des tensions France-Algérie

Les OQTF visant des Algériens sont devenues un sujet politique majeur en France. Elles alimentent les discours sur l’immigration irrégulière, la sécurité et la coopération consulaire. Mais elles pèsent aussi sur l’image de la diaspora algérienne, souvent associée à des chiffres globaux qui ne distinguent pas toujours les situations individuelles.

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Au fond, si les Algériens apparaissent si nombreux dans les chiffres français des OQTF, les fausses déclarations de nationalité y sont pour beaucoup. C’est cette dimension qui relance aujourd’hui la controverse. Avant de parler uniquement de chiffres algériens, encore faut-il vérifier qui est réellement Algérien.

 

 

 

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