Le président de la Confédération des industriels et producteurs algériens (CIPA)  Abdelwahab Ziani a fait un constat peu reluisant sur la situation économique du pays. Il a affirmé lors de son passage le 1 er août à la radio algérienne Chaîne 3 que les entreprises algériennes ont perdu près d’un million d'emplois. Abdelwahab Ziani a également révélé que plus de 150 milliards de dollars circulent dans le marché noir.

Ainsi, les conséquences des différentes crises économiques en Algérie sur le secteur du travail sont dramatiques. L’Algérie, entrée en période de crise dès 2014 à la suite de la chute des prix du pétrole, connait une aggravation de la situation en raison de la pandémie sanitaire due au Covid-19. Cette crise a durement impacté le marché du travail, qui a vu des dizaines de milliers de postes d’emploi perdus.

Les entreprises algériennes à l'agonie

Le président de la CIPA a affirmé que « nos entreprises agonisent ». « Nos entreprises manquent d’oxygène. Beaucoup d’entreprises sont en train de mourir aujourd’hui. Beaucoup ont baissé le rideau. 10 % se sont converties. Nous avons perdu près d’un million d'emplois », assène t-il. Pour Abdelwahab Ziani, les répercussions de la crise sanitaire sur l'économie algérienne – déjà affaiblie – sont désastreuses. Il préconise de reporter et de geler toute la fiscalité et explique que « les entreprises n’ont pas d’espoir sur le marché, notamment avec la troisième vague. La solution pour sauver ce qu’il reste de nos entreprises sont la finance, la fiscalité et la parafiscalité ». Il indique qu'« il faut traiter et étudier le marché des entreprises, cas par cas. Il y a des entreprises qui sont plus prioritaires que d’autres ».

Abdelwahab Ziani réclame aussi un dialogue entre les entreprises et les pouvoirs publics. « Il est important de s'asseoir, mettre sur la table tous les dossiers et trouver ensemble des solutions qui peuvent nous faire sortir de la crise que nous traversons. Le dialogue doit continuer. Celui-ci est la clé pour sauver notre pays, car ce sont les entreprises qui construisent les États », estime t-il.

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Le poids sur le marché du secteur informel

Par ailleurs, le président de la CIPA s'est exprimé sur l'économie informelle en Algérie, un secteur qui, d'après lui, représente près de 70 % de l'économie algérienne. Il révèle que « plus de 150 milliards de dollars circulent dans le marché noir. Les chiffres réels peuvent être plus importants que celui-ci. Cette somme n’est pas en liquide mais en lingots d’or ». Le président du CIPA regrette que « les entreprises qui disparaissent officiellement se redéploient sur le marché noir ». Il estime que « le marché parallèle doit joindre l’officiel et non l'inverse ».

Il faut dire que certains secteurs n’ont pas attendu la pandémie du Covid-19 pour entrer en crise. Le secteur du bâtiment a commencé à perdre des emplois depuis quelques années. Sa situation s’est juste compliquée avec l’arrivée de la crise sanitaire. Les derniers chiffres font état de plus de 4500 entreprises qui ont mis la clé sous la porte jusqu’à la fin de l’année dernière en raison, principalement, de la pandémie et de son impact sur la commande publique.