S'il y a une leçon que la guerre menée par la Russie en Ukraine a prodiguée aux pays dont la plus grande ressource sont est celle des hydrocarbures, c'est que le gaz naturel est une valeur sûre pour les années à venir. Et cette leçon, l'Algérie semble bien l'avoir comprise. En effet, en plus de chercher de nouveaux partenaires dans le domaine de la prospection, elle annonce une augmentation significative de sa production gazière.

L'annonce a été faite par la compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach : « la production de gaz de l'Algérie devrait augmenter de 10 milliards de mètres cubes en 2023 ». Rachid Zerdani, Directeur de la stratégie et de la planification de la compagnie, qui s'exprimait sur le sujet, a en outre expliqué que « la société développe des opérations dans plusieurs champs de pétrole et de gaz ». « Les processus de développement actuels nous permettront d'augmenter la production de 4 milliards mètres cubes cette année […]. Nous prévoyons que la production augmentera de 8 à 10 milliards de m³ en 2023 », a-t-il ajouté.

L'Algérie augmente ses envois de gaz naturel vers l'Europe

Il ne serait pas inutile de rappeler qu'à la lumière des nouvelles donnes, dictées par la nouvelle politique de Vladimir Poutine quant à l'énergie et l'Europe, le gaz algérien est devenu un substitut de premier ordre au gaz russe. Plusieurs responsables européens de haut niveau se sont succédé à Alger[1]Visite du président français Emmanuel Macron en Algérie : au-delà du devoir de mémoire et du gaz, Contribution et d'autres y sont attendus[2]Gaz algérien : la commissaire européenne à l'Énergie, Kadri Simson, se rendra à Alger. Le but premier : se procurer du gaz algérien en quantités suffisantes et à des prix raisonnables. Dans ce cadre, le ministère algérien de l'Énergie et des Mines a annoncé, il y a quelques jours, que l'Algérie enverra 10 milliards de m³ de gaz supplémentaires à l'Italie dans les mois à venir.

Le même ministère a assuré qu'il n'est pas possible d'en envoyer davantage vers l'Espagne, vu que les capacités maximales du transport vers ce pays sont atteintes. Le directeur de la stratégie et de la planification de Sonatrach, Rachid Zerdani, a souligné aussi que « la production totale est estimée à 130 milliards de m³ par an, et que qu'environ 50 milliards [m³] sont consommés sur le marché intérieur ». Cela laisserait un surplus de production de quelques 80 milliards de m³ destinés à l'exportation. Cette quantité passera, en toute logique, à 90 milliards de m³, ce qui n'est pas fait pour déplaire aux clients européens de l'Algérie.