Blé : Offensive française sur le marché algérien

La France qui a longtemps occupé une place privilégiée sur le marché algérien du blé en étant son premier fournisseur, se trouve ces dernières années bousculée par la Russie. En effet, depuis 2021, l’Algérie ne cesse d’augmenter ses volumes d’importation de cette denrée depuis la Russie, reléguant ainsi la France à la deuxième place.

L’Algérie qui voulait diversifier ses fournisseurs, avait modifié en 2020 son cahier des charges, ce qui a permis à la Russie d’investir le marché algérien à partir de l’année 2021. La Russie avait presque quadruplé ses exportations de blé vers l’Algérie avec 1,3 million de tonnes en 2022, contre 330.000 tonnes en 2021, selon les données du Centre des exportations du ministère russe de l’Agriculture.

Le choix de l’Algérie de se tourner vers le blé russe a été préjudiciable pour la France, son traditionnel fournisseur. En effet, l'Algérie qui fait partie du Top 5 mondial des importateurs, achetait régulièrement entre 4 et 5 millions de tonnes de blé français par an. Un volume important qui constitue 50% du blé exporté hors Union européenne par la France.

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Cependant, dans le sillage du déclenchement de la guerre en Ukraine, l’Algérie a fini par se tourner à nouveau vers la France pour s’approvisionner en blé. En mars 2022, l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) avait émis plusieurs appels d’offres internationaux portant sur la livraison en avril et mai 2022 de 700.000 tonnes de blé, dont 500.000 tonnes d’origine française.

L’Algérie venait ainsi de mettre fin à son boycott du produit français, qui n’avait finalement duré qu’une année. L’Algérie était le deuxième acheteur du blé français durant la première moitié de la campagne commerciale 2022/2023 (juillet-décembre), selon « France Agri Mer ». Durant cette période, l’Algérie a acheté 1,497 million de tonnes de blé français, soit une hausse de 30%, selon la même source.

Les céréaliers français veulent séduire le marché algérien du blé

Voulant redevenir le partenaire privilégié de l’Algérie, la filière céréales de France a organisé « Les rencontres franco-algériennes des céréales » le 10 octobre dernier à Alger. Quelques 150 personnes ont participé à ce séminaire organisé à l’hôtel Sofitel par l’interprofession française Inter-céréales (IFI). Ce séminaire a été l’occasion de « présentations et d’échanges techniques, qui ont porté sur la qualité de la récolte française 2023 », comme l’a indiqué l’Ambassade de France à Alger su son compte Facebook.

Dans son allocution, l’ambassadeur de France en Algérie a souligné « l’ambition de la France de redevenir un partenaire préféré de l’Algérie », selon la même source. À cet effet, « l’équipe du service économique de l’ambassade et ses partenaires ont pour objectif de renforcer ce lien particulier en ces deux pays proches que sont la France et l’Algérie dans le secteur des céréales », ajoute l’ambassade de France en Algérie.

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