La Hongrie a annoncé qu'en 2025, elle limiterait davantage l'accueil des travailleurs étrangers sur son territoire. Cette mesure s'inscrit dans une stratégie visant à privilégier les citoyens hongrois sur le marché de l'emploi et à renforcer le contrôle des flux migratoires, selon le ministère hongrois de l'économie nationale.
En 2025, la Hongrie pays européen de l'espace Schengen, prévoit de réduire drastiquement le nombre de travailleurs étrangers autorisés à entrer sur son territoire. Le plafond sera abaissé à 35'000 permis de séjour, contre 65'000 en 2024, rapporte le média Schengen News. Cette décision, annoncée par le ministère hongrois de l'économie nationale, reflète une volonté de protéger les emplois locaux et les familles hongroises face à un marché de l’emploi en pleine tension.
Le gouvernement hongrois a justifié cette mesure en insistant sur la priorité donnée aux citoyens hongrois dans le processus de recrutement. Selon le ministère, les postes vacants doivent d'abord être proposés aux travailleurs locaux avant que les employeurs ne puissent envisager de recruter à l'étranger. Cette approche repose sur une politique de contrôle strict de l'immigration économique pour préserver l'équilibre du marché du travail.
Depuis deux décennies, le nombre de travailleurs étrangers en Hongrie est soumis à un quota, basé sur la moyenne des postes vacants concernés sur les quatre trimestres précédents. Ce quota, bien qu'ajusté chaque année va atteindre en 2025 un seuil historiquement bas, renforçant les restrictions sur l'entrée des travailleurs venus de pays tiers, dont l’Algérie.
Voici pourquoi la Hongrie a décidé de réduire le nombre de travailleurs étrangers
La réduction prévue pour 2025 s'inscrit dans une stratégie gouvernementale plus large. Dès janvier 2024, une nouvelle loi sur l'immigration a été adoptée, introduisant des restrictions supplémentaires à l'embauche de travailleurs étrangers. À partir de juillet 2024, ces règles ont été encore renforcées, limitant l'accès au marché hongrois pour les travailleurs venus de pays hors Union européenne.
Par ailleurs, les agences de recrutement privées ne seront plus autorisées à embaucher des travailleurs provenant de pays tiers, une mesure qui vise à réduire les pratiques jugées peu contrôlées et à renforcer l'encadrement par l'État. En 2024, le gouvernement avait déjà restreint l'accueil à des travailleurs issus de seulement 15 pays, dont la Macédoine du Nord, le Kazakhstan et la Biélorussie.
Le plafond de 65'000 permis de travail en 2024, bien qu'encore conséquent, marque déjà une diminution significative par rapport aux années précédentes. Cette tendance à la baisse culminera avec les nouvelles règles en 2025 (35'000 permis de travail), resserrant encore davantage l'accès aux travailleurs étrangers en provenance de pays tiers.
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L'objectif affiché de ces restrictions est de préserver la souveraineté économique et sociale de la Hongrie, une priorité centrale dans les politiques du gouvernement actuel. Le Premier ministre Viktor Orbán et ses alliés ont souvent affirmé que la Hongrie "n'est ni un pays de travailleurs invités ni un pays de migrants". Cette vision se reflète dans une gestion stricte de l'immigration économique, où les besoins du marché local se priment.
Quel impact sur l’économie de la Hongrie ?
Cependant, cette politique suscite des débats. Si elle répond à une volonté de préserver les intérêts des citoyens hongrois, certains secteurs économiques risquent de rencontrer des difficultés accumulées. Les secteurs de la construction, de l'agriculture ou encore de la santé, traditionnellement dépendants d'une main-d'œuvre étrangère, pourraient être affectés par un manque de travailleurs qualifiés. Les entreprises hongroises prouveront qu'aucun travailleur local n'est disponible pourvoir un poste avant de faire appel à des candidats étrangers, un processus jugé parfois complexe et chronophage.
Les nouvelles restrictions imposées par la Hongrie obligeront les entreprises à repenser leurs stratégies de recrutement. Pour les employeurs des secteurs les plus dépendants des travailleurs étrangers, cette transition pourrait poser des défis considérables, notamment en matière de productivité et de continuité des opérations.
