La baisse de l’immigration clandestine vers l’Europe semble se concrétiser par les chiffres. En 2024, le nombre d'entrées irrégulières dans l'Union européenne a chuté de manière significative, atteignant son plus bas niveau depuis 2021, selon Frontex, l'agence chargée de surveiller les frontières européennes. Cette baisse reflète les effets d'une surveillance accrue et d'une coopération renforcée entre l'UE et ses partenaires pour contrer les réseaux de passeurs.
Dans un rapport publié mardi 14 janvier, Frontex a indiqué qu’un peu plus de 239 000 personnes sont entrées irrégulièrement dans l'Union européenne en 2024, soit une diminution de 38 % par rapport à 2023. L’agence précise que cette diminution est principalement due à une chute des arrivées par les routes de la Méditerranée centrale et des Balkans occidentaux.
Les routes de la Méditerranée centrale et des Balkans occidentaux ont enregistré des baisses marquées. Les arrivées sur la route de la Méditerranée centrale ont diminué de 59 %, passant de 163 000 traversées en 2023 à environ 67 000 en 2024. Cette réduction est principalement due à une baisse des départs depuis la Tunisie et la Libye. Sur la route des Balkans occidentaux, les flux ont chuté de 78 %, conséquence d'efforts intensifiés pour renforcer les contrôles dans cette région.
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Augmentation des flux vers certaines destinations
Bien que la tendance générale soit à la baisse, certains itinéraires ont connu des hausses significatives. Les îles Canaries ont enregistré une augmentation de 18 % des arrivées, avec près de 47 000 migrants en 2024, contre 40 000 l'année précédente. Cette hausse est due à une intensification des départs depuis la Mauritanie, bien que d'autres points de départ en Afrique de l'Ouest continuent de voir leurs flux diminuer.
Les frontières orientales de l'Union européenne, notamment entre la Pologne et la Biélorussie, ont également vu leurs passages tripler. Cet itinéraire terrestre, bien que moins médiatisé, reste une alternative pour contourner les traversées maritimes dangereuses. Enfin, la route de la Méditerranée orientale a enregistré une hausse modérée de 14 %, atteignant 69 400 traversées, en partie à cause de nouveaux couloirs ouverts depuis l'est de la Libye.
Le profil des migrants détectés en 2024 est resté globalement stable, mais certaines tendances méritent d'être soulignées. Les femmes représentent toujours environ 10 % des traversées, une proportion similaire à celle des années précédentes. Cependant, 62 % des arrivées de femmes en Europe en 2024 ont emprunté la route de la Méditerranée orientale, ce qui reflète un changement dans la répartition des flux.
Les mineurs, quant à eux, constituent désormais 16 % des migrants irréguliers, contre 13 % en 2023. Les principales nationalités concernent restent les Syriens et les Afghans, qui continuent de fuir les conflits dans leurs pays d'origine et de demander une protection internationale .
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Une lutte complexe contre les réseaux passeurs
Les traversées en mer restent extrêmement périlleuses. En 2024, environ 2 300 migrants ont perdu la vie en Méditerranée, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Bien que ce chiffre soit en baisse par rapport aux 2 800 décès estimés en 2023, il souligne les risques liés à ces voyages et à l'exploitation des migrants par des réseaux criminels.
La diminution globale des entrées irrégulières en 2024 marque un progrès notable dans la gestion des frontières extérieures de l'UE. Toutefois, les défis restent importants, en particulier face aux changements rapides des dynamiques migratoires. Hans Leijtens, directeur exécutif de Frontex, a mis en garde contre la capacité des réseaux de passeurs à contourner les mesures mises en place.