L’Algérie, pays riche en ressources naturelles, entreprend une profonde mutation de son secteur énergétique pour consolider sa position internationale, diversifier ses sources d'approvisionnement et répondre à une demande croissante tant sur le plan national qu'international. Six projets stratégiques structurent cette ambition, couvrant les interconnexions électriques régionales, l'hydrogène vert, l'augmentation de la production gazière et le développement des énergies renouvelables.
Lors du forum Med Energy à Ravenne en Italie, le ministre de l'Énergie et des Mines, Mohamed Arkab, a présenté la stratégie algérienne dans le secteur de l’énergie, reposant sur trois piliers fondamentaux. Premièrement, le renforcement de la production nationale, combinant hydrocarbures et énergies vertes. Deuxièmement, la garantie de la sécurité énergétique du pays. Troisièmement, la réduction de l'empreinte carbone grâce à une transition progressive.
Avec les hydrocarbures représentant près de 90% de ses exportations, l'Algérie mise également sur les énergies renouvelables et les partenariats internationaux pour diversifier son économie et s'affirmer comme un fournisseur clé pour l'Europe, notamment dans le contexte géopolitique actuel.
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Interconnexion électrique avec les pays voisins
Parmi les projets les plus significatifs figure le raccordement du réseau électrique algérien à ceux de la Libye, de la Tunisie, de l'Égypte, de la Mauritanie et des pays du Sahel. Cette initiative permettrait d'exporter l'électricité excédentaire tout en stabilisant l'approvisionnement régional.
Des études techniques et économiques sont actuellement en cours pour déterminer les tracés les plus adaptés. Cependant, plusieurs défis persistent, notamment la compatibilité des infrastructures et les tensions sécuritaires dans certaines zones frontalières, qui pourraient retarder la mise en œuvre de ce projet ambitieux.
Augmentation de la production de gaz naturel
Pour répondre à la demande européenne, particulièrement accentuée depuis la crise ukrainienne, l'Algérie ambitionne de porter sa production annuelle de gaz naturel à 200 milliards de mètres cubes d'ici 2029, contre environ 100 milliards actuellement.
Le géant national Sonatrach pilote cette augmentation à travers plusieurs actions : l'exploration accrue dans le Sahara, le développement de nouveaux gisements comme Hassi R'Mel, et la modernisation des infrastructures gazières existantes. L'objectif est double : sécuriser les exportations vers l'Europe tout en garantissant la couverture des besoins énergétiques nationaux.
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Développement des énergies renouvelables
L'Algérie mise résolument sur l'énergie solaire pour réduire sa dépendance aux hydrocarbures. Le plan national prévoit l'installation de 15 000 mégawatts d'énergie solaire répartis sur 13 wilayas, avec une première phase de 3 200 mégawatts lancée en 2024.
Les avantages sont multiples : réduction des émissions de CO2, création d'emplois locaux et attraction des investisseurs étrangers. Ce projet s'inscrit dans une volonté plus large d'atteindre 30% d'énergies renouvelables dans le mix énergétique national d'ici 2035.
Le corridor sud d'hydrogène vert
En partenariat avec l'Allemagne, l'Italie et l'Autriche, l'Algérie développe le SouthH2 Corridor, un projet visant à exporter 4 millions de tonnes d'hydrogène vert par an vers l'Europe. Les études de faisabilité ont été confiées au cabinet Penspen, tandis que la construction des infrastructures dédiées, incluant électrolyseurs et pipelines, devrait suivre.
Le pays dispose d'atouts majeurs pour ce projet : un ensoleillement optimal pour la production solaire et une solide expérience dans l'exportation d'énergie via ses gazoducs existants.
Le gazoduc TSGP : un projet énergétique continental majeur
Ce projet stratégique, considéré comme l'une des initiatives énergétiques les plus ambitieuses du continent africain, vise à relier les riches gisements gaziers du Nigéria au réseau algérien en traversant le Niger, avec pour objectif final d'acheminer du gaz naturel vers les marchés européens via l'Algérie.
D'une capacité prévisionnelle de transport comprise entre 20 et 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an, le Trans-Saharan Gas Pipeline (TSGP) ou le Gazoduc transsaharien, s'étendra sur plus de 4 000 kilomètres, créant ainsi une véritable artère énergétique transsaharienne reliant le Nigéria, le Niger et l'Algérie.
Le tracé du gazoduc partira de la ville de Warri dans le sud du Nigéria, traversera le territoire nigérien pour aboutir au hub gazier de Hassi R'Mel en Algérie. Ce projet pharaonique, dont le coût est estimé à plus de 13 milliards de dollars, représente un investissement considérable pour la région.