En France, une mobilisation d’ampleur a secoué la préfecture de l’Essonne mercredi 7 mai 2025, alors que plus de 200 personnes dénonçaient les conditions d’accueil des étrangers dans leurs démarches administratives. Associations, syndicats et lycéens pointent du doigt des pratiques jugées indignes et des retards excessifs dans le traitement des dossiers.
Selon le média Actu.fr, le collectif Exilés 91, des syndicats (CGT, FSU) et des lycéens se sont rassemblés devant la cité administrative d’Évry-Courcouronnes pour protester contre les délais interminables et les difficultés rencontrées par les demandeurs de titres de séjour. Les manifestants réclament notamment des délais « raisonnables » d’instruction (actuellement de plusieurs années), la délivrance systématique de récépissés, et l’arrêt des obligations de quitter le territoire français (OQTF) visant des jeunes scolarisés.
La préfecture, par voie de communiqué, a réaffirmé sa volonté de "dialogue constructif" tout en rejetant fermement le terme de "maltraitance". Elle souligne "l'engagement quotidien des agents au service des usagers" et rappelle "le cadre strict dans lequel s'exerce leur mission". Cette position n'a cependant pas suffi à calmer la colère des manifestants, dont certains brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : "Des papiers pour tous, des droits pour tous".
Des parcours scolaires brutalement interrompus
Parmi les cas emblématiques évoqués figure celui d’Abdoul, 19 ans, élève en terminale au lycée Georges Brassens d’Évry. Ce jeune Ivoirien, arrivé en France en 2021, a reçu une OQTF en avril 2025, un mois avant son baccalauréat. « Pour moi, c’est pour les gens qui font des choses pas bien. Moi, j’ai rien fait de mal », défend-il, soutenu par ses camarades.
D’autres situations similaires ont été dénoncées, comme celle d’Esther, lycéenne aux Ulis, notifiée d’une OQTF une semaine avant ses épreuves, ou de Celestino, étudiant en BTS menacé d’expulsion vers l’Angola, où il serait en « danger de mort » selon ses enseignants.
La circulaire Retailleau en cause
Les manifestants accusent la préfète de l’Essonne d’appliquer strictement la circulaire Retailleau, publiée en janvier 2025 par le ministre de l’Intérieur, qui restreint les régularisations. « La préfète pourrait ne pas l’appliquer, mais elle est très dure », déplore Dominique Durand, d’Éducation sans frontières 91. Les délais de traitement des dossiers sont également dans le viseur. « À Évry, on attend trois ans sans réponse, puis il faut tout préparer en urgence », témoigne Yssam Saïdi, avocat spécialisé.
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Face à la colère, la préfecture a accordé un rendez-vous au collectif Exilés 91 le 20 mai 2025. Elle promet de présenter « des avancées chiffrées » concernant l’amélioration du traitement des dossiers. Les associations, quant à elles, restent vigilantes et exigent des changements immédiats : la mise en place d'un véritable accueil physique, la délivrance systématique de récépissés, l'arrêt des OQTF contre les jeunes scolarisés et un traitement plus humain des dossiers familiaux.
