Canada : la double peine d’une famille algérienne

Après la mort tragique de leur fils de trois ans, une famille algérienne installée au Canada vit sous la menace d’une expulsion vers l’Algérie. Leur permis de travail arrive à échéance en octobre 2026, et ils pourraient être contraints de quitter le pays où leur enfant est enterré, un déchirement qu’ils qualifient de « deuxième deuil ».

Le 3 décembre 2025, Y.M., 21 ans, a été condamné à quatre ans et demi de détention au palais de justice de Laval pour négligence criminelle causant la mort. Cette peine faisait suite à une suggestion commune des parties, l’accusé ayant plaidé coupable.

Les faits remontent à novembre 2023. La famille algérienne, en visite chez des proches à Bois-des-Filion dans les Laurentides, sur l’île de Montréal, a vu son fils de trois ans mortellement atteint d’une balle dans la tête. L’arme, une arme à feu illégale, avait été achetée par Y.M. sur l’application Telegram. L’enquête a révélé que l’accusé n’avait pas vérifié si une balle était chambrée et si le cran de sûreté était activé.

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Un rêve canadien brisé et un premier deuil

La victime, dont l’identité est protégée par la cour, était arrivée au Canada peu de temps avant le drame avec sa mère, grâce à un visa de visiteur. Le père de famille, opérateur de production dans une usine, était déjà installé au Québec, rapporte Le Journal de Montréal.

Devant le tribunal, le père a exprimé sa souffrance. « Perdre un enfant, c’est inimaginable. Je ne peux pas voir quelqu’un, une famille, perdre un enfant à un tel âge », a-t-il déclaré. La mère de l’enfant n’a pas pu se présenter au palais de justice pour prendre la parole. L’accusé, Y.M., a quant à lui déclaré : « Chaque soir avant de fermer les yeux, je me rappelle à quel point c’est un drame tragique ». Il a ajouté considérer la victime « comme son petit frère ».

La menace d’expulsion et la suspension du PEQ

Alors que la procédure judiciaire arrive à son terme, la famille affronte une seconde épreuve administrative. Le père a appris la suspension du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), sur lequel il comptait pour régulariser son statut. Son permis de travail expire en octobre 2026.

Sans renouvellement de permis ni nouveau statut, la famille risque l’expulsion vers l’Algérie. « Avec les nouvelles règles d’immigration, la suspension du PEQ, mon permis de travail expire en octobre 2026 […] je risque de retourner dans mon pays », a expliqué le père. Il considère cette perspective comme un « deuxième deuil ». « Retourner en Algérie et laisser mon fils ici, enterré à Laval, c’est invivable. Je ne peux pas vivre avec », a-t-il témoigné.

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La réponse du gouvernement et les perspectives incertaines

Interrogé sur ce cas, Jean-François Roberge, ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration du Québec, a réagi. Il a indiqué que le père de famille devait postuler au Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ). « Il y a probablement une porte qui s’ouvre pour lui et pour d’autres personnes », a déclaré le ministre.

Cette piste reste incertaine pour la famille, qui vit désormais dans l’angoisse de devoir quitter le Canada. Le père a exprimé son soulagement que « la lumière ait été faite » sur la mort de son fils. Cependant, il peine à décrire « l’immense douleur » de son entourage et la perspective de devoir abandonner la tombe de son enfant.


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