Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a annoncé un décret pour régulariser la situation des Algériens vivant à l’étranger dans des conditions irrégulières. Cette mesure concerne principalement les jeunes confrontés à des difficultés légales ou économiques hors du pays. Le décret prévoit des conditions précises pour leur retour et exclut certains cas particuliers.
Abdelmadjid Tebboune, a décrété cette mesure exceptionnelle dimanche 11 janvier 2026. L'annonce a été faite à l'issue du Conseil des ministres qu'il présidait, selon un communiqué publié par la Présidence de la République. Le texte vise explicitement les jeunes Algériens se trouvant à l'étranger dans une situation de « précarité » et en « situation irrégulière ».
Le communiqué cible principalement « ceux qui ont été délibérément poussés à l’erreur par des personnes ayant cru, à tort, qu’ils porteraient atteinte à la crédibilité de l’État ». L'objectif de ces personnes, selon le texte, était de « les utiliser à l’étranger contre leur pays ».
Les motifs invoqués pour justifier la mesure
Les autorités algériennes estiment que la majorité des jeunes concernés « n’ont commis que de petits délits ». Ces infractions sont décrites comme pouvant être « la crainte d’une simple convocation par la police ou la gendarmerie » pour des faits liés à l'ordre public. Le président a également évoqué l'exploitation des chiffres de l'émigration clandestine, appelée « harga ».
Selon le communiqué, certains utilisent ces statistiques dans le but de « ternir la réputation » de l’Algérie. La méthode consisterait à « semer la confusion parmi les jeunes pour qu’ils fuient le pays de manière illégale ». Le diagnostic officiel décrit des jeunes « loin de leur patrie », « souffrant de misère et de privations », et susceptibles d'être « exploités dans des travaux dégradants » ou bien « instrumentalisés contre leur pays ».
Les modalités pratiques de la régularisation
La décision de régularisation a été prise par le Conseil des ministres, présidé par le président de la République, chef suprême des Forces armées et ministre de la Défense nationale. Le communiqué précise que cette décision a été actée « avec l’accord unanime de toutes les institutions de la République ».
La régularisation du statut de ces citoyens est subordonnée à un engagement écrit : « qu’ils s’engagent à ne pas récidiver ». Les consulats d’Algérie à l’étranger seront chargés de mettre en œuvre les procédures administratives. Leur mission consistera à appliquer cette mesure « jusqu’au retour de ces fils et filles d’Algérie dans leur patrie ».
Les exclusions catégoriques prévues par le décret
Le bénéfice de cette mesure de régularisation est strictement encadré et exclut plusieurs catégories de personnes. Elle « exclut les personnes ayant commis des crimes de sang, des trafics de stupéfiants ou d’armes ». Cette exclusion est clairement énoncée sans possibilité d'interprétation.
Une seconde exclusion vise « toute personne collaborant avec des services de sécurité étrangers dans le but de nuire à la patrie, l’Algérie ». Le texte justifie l'ensemble de la démarche en considérant que les situations de précarité vécues « ne justifient pas de telles souffrances ». Il met aussi en garde contre les risques d'exploitation par des « groupes criminels et mafieux » et les atteintes à la réputation des individus concernés.
