La régularisation des travailleurs étrangers en France menacée dans ces secteurs encore

La publication récente de la circulaire de Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur, visant à durcir les règles de régularisation des travailleurs sans-papiers, a suscité de vives inquiétudes dans plusieurs secteurs économiques, notamment l’hôtellerie et la restauration. Ces secteurs, fortement touchés par des pénuries de main-d’œuvre, s’inquiètent des conséquences de ce durcissement sur leurs capacités de recrutement et d’intégration.

L’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (Umih), principale organisation professionnelle du secteur, a exprimé sa préoccupation dans un communiqué publié le 24 janvier. Reconnaissant qu’il n’appartient pas à une organisation professionnelle de s’immiscer dans la politique migratoire, l’Umih a néanmoins demandé une rencontre avec Bruno Retailleau pour discuter des implications de la nouvelle circulaire sur l’emploi dans l’hôtellerie-restauration.

L’organisation souhaite notamment que les métiers du secteur soient reconnus à l’échelle nationale comme des métiers en tension, à l’instar des professions agricoles. Elle plaide également pour que les règles de régularisation des travailleurs étrangers déjà présents en France et souhaitant travailler dans le secteur ne soient pas durcies.

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La circulaire Retailleau est-elle essentielle pour l’intégration ?

Le Groupement des Hôtelleries et Restaurations de France (GHR) a également réagi, insistant sur le rôle crucial de l’emploi dans l’intégration des étrangers en France. « L’emploi est assurément le meilleur outil de l’intégration », a déclaré Catherine Quérard, présidente du GHR. Elle a souligné l’importance de maintenir des procédures de régularisation pour les travailleurs étrangers occupant un emploi salarié, même dans un contexte de durcissement des règles.

Les deux organisations appellent à la publication rapide de la liste actualisée des métiers en tension, attendue pour fin février. Cette liste est essentielle, car elle conditionne la régularisation des travailleurs étrangers. Actuellement, ces travailleurs doivent occuper un emploi figurant sur cette liste pour être éligibles à une régularisation exceptionnelle.

La fin de la circulaire valls et les nouvelles règles

La circulaire Retailleau remplace celle de Manuel Valls, en vigueur depuis 2013, qui offrait une certaine souplesse aux préfets dans la régularisation des sans-papiers. Cette souplesse permettait, entre autres, à des employeurs confrontés à des difficultés de recrutement de régulariser leurs employés, renforçant ainsi leur fidélisation.

Désormais, la nouvelle circulaire recentre les régularisations exceptionnelles sur les seuls métiers en tension. Si elle ne modifie pas officiellement les critères légaux pour une admission exceptionnelle au séjour, elle limite fortement les marges de manœuvre des préfets en imposant des contrôles plus stricts.

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Bruno Retailleau a justifié ce durcissement par la nécessité de lutter contre l’immigration clandestine et d’encadrer davantage les régularisations. Il a affirmé que la régularisation devait rester une exception et non une norme.

Des entreprises inquiètes face à une pénurie chronique

Ces nouvelles règles instaurées par Retailleau inquiètent les entreprises de l’hôtellerie-restauration, un secteur déjà confronté à une pénurie chronique de main-d’œuvre. Le dispositif précédent permettait à des employeurs de régulariser des employés sans-papiers, leur offrant ainsi un cadre légal pour travailler et éviter un turnover élevé.

En privant les employeurs de cet outil, la circulaire pourrait aggraver les difficultés de recrutement dans un secteur où des milliers de postes restent vacants. Cette situation pourrait avoir des répercussions sur la qualité du service et la compétitivité des entreprises françaises dans un marché déjà fragilisé par la crise sanitaire.

Face à ces enjeux, les organisations professionnelles espèrent que leur rencontre avec Bruno Retailleau permettra d’adapter les règles aux besoins réels du marché de l’emploi. Elles souhaitent également obtenir des garanties quant à la reconnaissance des métiers en tension et à la possibilité de régulariser les travailleurs étrangers contribuant à l’économie française.

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