Dans le cadre de l'application des recommandations du Groupe d'action financière (GAFI), l'Algérie a lancé une vaste opération d'évaluation des risques liés au blanchiment d'argent et au financement du terrorisme. Ce dispositif concerne plus de 173'000 entreprises et 137'000 associations, placées sous la surveillance des autorités économiques et commerciales.
Selon le site arabophone Echorouk , le Centre national du registre du commerce (CNRC), sous tutelle du ministère du Commerce, a recensé en détail les différentes structures juridiques en activité. Parmi elles figurent 173'976 sociétés commerciales, 1648 sociétés civiles, 210 bureaux de représentation, 137'752 organisations à but non lucratif (dont 137'736 associations) ainsi que 15'125 waqfs.
Toutes ces entités ont été réalisées selon une méthodologie élaborée avec l'aide de la Banque mondiale, en coordination avec la commission nationale de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme . Cette évaluation s'appuie sur plusieurs étapes : identification des structures, analyse des menaces, étude des vulnérabilités et recommandations pour renforcer les dispositifs de prévention.
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Algérie : des niveaux de risque différenciés selon les statuts
L'analyse distingue plusieurs niveaux de risque. Les structures considérées comme présentant un risque moyen comprennent notamment les Sociétés à responsabilité limitée (SARL), les Sociétés par actions (SPA), les sociétés civiles, les fondations et les groupements. Ces entités font l'objet d'un suivi renforcé en raison de leur complexité juridique et de leur potentiel d'utilisation à des fins de dissimulation financière.
À l'inverse, les structures classées à faible risque incluent les Entreprises individuelles à responsabilité limitée (EURL), les Établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC), les associations, les sociétés en nom collectif ou encore les fondations religieuses. Celles-ci feront l'objet d'un contrôle plus léger, sauf en cas d'indices particuliers.
Une approche interinstitutionnelle coordonnée
L'évaluation a été menée par une équipe pluridisciplinaire regroupant plusieurs institutions nationales : les ministères de l'Intérieur, de la Justice, des Finances, de la Défense, ainsi que la Banque d'Algérie, les douanes, les services de sécurité et la cellule de traitement du renseignement financier. Cette équipe a été formée à distance par des experts de la Banque mondiale début 2025.
Cette initiative vise à renforcer la transparence économique, à protéger les circuits financiers et à répondre aux normes internationales de lutte contre le blanchiment des capitaux. Elle s'inscrit dans une stratégie plus large de modernisation de la gouvernance et de sécurisation des flux économiques en Algérie.
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