L'Accord d'association qui lie l'Algérie à l'Union européenne est de nouveau sur la table. Depuis longtemps dans le viseur du Gouvernement algérien[1]Accord d’association Algérie-UE : Les renégociations vont-elles être ouvertes ?, il revient au-devant de la scène au profit des nouvelles donnes. En effet, la guerre menée par la Russie en Ukraine a plongé l'Europe dans une crise énergétique inédite et met l'Algérie en position d'exiger une révision imminente de cet accord, de sorte qu'il traduise la notion de gagnant-gagnant prêché par les Européens eux-mêmes.

Aussi, à la faveur de l'ébullition que connaissent les relations algéro-françaises ces derniers temps, l'Algérie avance ses pions dans ce sens. En effet, au moment où la Première ministre française, accompagnée d'une quinzaine de ministres, est en visite en Algérie[2]16 ministres français débarqueront à Alger avec Élisabeth Borne, le ministre algérien des Affaires étrangères est longuement revenu sur la question dans un entretien accordé au journal français L'Opinion[3]France-Algérie: « Tebboune et Macron ont mis la mémoire à l’abri des exploitations politiciennes », L'Opinion.

Accord d'association : l'Algérie veut un partenariat loin de toute vision techno-étroite

Le chef de la diplomatie algérienne a été très critique quant à cet accord, assurant que « l'Algérie est loin d'[en] être satisfaite ». L'Union européenne, a-t-il accusé, n'a pas tenu ses promesses. Rappelant que le président Tebboune a interpellé nombre de dirigeants européens sur la question, Ramtane Lamamra a clairement déclaré que l'UE, lors des négociations initiales, « n'a pas voulu tenir compte de la volonté algérienne de remettre à niveau son industrie, au sortir de la décennie noire ».

Les critiques ne s'arrêtent pas là. Le chef de la diplomatie algérienne est allé plus loin en estimant que ledit accord « n'a pas permis non plus de recueillir l'afflux d'investissements espéré au bénéfice d'un codéveloppement ». « Nous attendons aujourd'hui de bâtir un véritable partenariat stratégique loin de toute vision techno-étroite », a-t-il dit. Et d'ajouter : « l'Europe a l'occasion de se positionner dans un ensemble dynamique et prospère qui pèsera dans le nouvel ordre économique de demain ». C'est, on ne peut mieux, une manière d'inviter l'Europe à jouer le rôle qui peut être le sien, sans, pour autant, léser ses partenaires.

Par ailleurs, le chef de la diplomatie algérienne est revenu sur la question de la mémoire entre l'Algérie et la France. « Abdelmadjid Tebboune et Emmanuel Macron ont eu le courage de prendre des décisions pour mettre cette mémoire à l'abri des exploitations politiciennes[4]Algérie-France : La proposition de Tebboune à Benjamin Stora sur la question de la mémoire, afin qu'elle serve de référent historique commun qui ne soit pas susceptible d'être endommagé », a-t-il déclaré.