Une fillette algérienne âgée de dix ans est menacée d’expulsion en France où elle s’est rendue en compagnie de son père pour des soins. La petite fille est aveugle et souffre d’un cancer. Elle a été transférée en France, sur orientation de ses médecins en Algérie, en 2017. Les autorités françaises ont refusé de renouveler le titre de séjours de son père qui se retrouve ainsi dans l’obligation de quitter le territoire français. La fille devrait automatiquement le suivre. 

L’affaire a été examinée le 12 octobre dernier, au niveau du tribunal administratif de Nîmes, a indiqué le journal Midi Libre, qui a rapporté l’information ce mercredi 13 octobre. Le jugement a été mis en délibéré, ajoute la même source. La petite fille voulait être présente pour plaider la cause de son père qui est aussi sa cause, mais « elle avait peur », souligne son père.

Cette cause risque en fait de mobiliser la région nîmoise, ou cette petite fille et son père se sont installés chez un parent en 2017, vue son caractère purement humanitaire. La jeune fille, née en décembre 2011 en Algérie souffre d’un rétinoblastome, une tumeur de la rétine qui nécessite une prise en charge permanente en France.

La fillette ne pouvait pas être soignée en Algérie, et a été envoyée en France

En Algérie, les hôpitaux ne sont pas dotés de véritables moyens pour ce genre de maladie. « J’ai des certificats d’un oncologue, d’un pédiatre, d’un ophtalmo algériens qui disent que le plateau technique ne permet pas de la soigner en Algérie. L’avenir de l’enfant dépend de son papa. Si elle part là-bas, elle peut mourir », explique l’avocate de la famille qui déplore d’ailleurs la « totale inhumanité » de la préfecture dans ce dossier.

En mai 2017, les médecins algériens ont dit « on ne peut plus, on vous envoie à l’institut Curie, en France, qui est spécialisé pour les enfants qui souffrent de cette maladie », insiste la même avocate. Il est à noter que le refus de la préfecture de renouveler le titre de séjour au père de la petite fille lui a été signifié par un arrêté du 27 mai 2021. Depuis, la famille vit la peur au ventre.