Le Sénat français n'a pas adopté la proposition de loi relative à la commémoration de la répression d’Algériens le 17 octobre 1961 à Paris. En effet, la chambre haute du Parlement français a rejeté le 9 décembre ce projet de loi présentée par les sénateurs Rachid Temal, Jean-Marc Todeschini, David Assouline et Hussein Bourgi.   

Ce projet présenté par les 4 sénateurs stipule dans son article 1 que « la France reconnait sa responsabilité dans la répression de manifestants algériens réclamant pacifiquement l’indépendance de leur pays ayant eu lieu le 17 octobre 1961 et les jours suivants à Paris ». Dans son article 2, cette proposition envisage que « chaque année, le 17 octobre, est organisée une commémoration officielle rendant hommage aux victimes de la répression de manifestants algériens réclamant pacifiquement l’indépendance de leur pays ». Cette proposition a déjà été rejetée le 1er décembre par la commission des lois. Une proposition faite sur la base d'un rapport de Valérie Boyer (Les Républicains – Bouches-du-Rhône). Cette proposition a été inscrite par le groupe socialiste, écologiste et républicain dans le cadre de son espace réservé.

La commission de loi avait expliqué que « consacrer par la loi la commémoration d’un événement serait potentiellement de nature à créer de nouveaux débats sur la reconnaissance par la loi d’autres commémorations liées à la mémoire de la guerre d’Algérie ». Elle avait conclu qu'« il ne paraît donc pas que l’adoption d’une loi puisse contribuer à l’apaisement et au travail mémoriel commun ».

Ainsi, le chemin vers la reconnaissance des crimes commis par la France pendant la colonisation et la guerre d’Algérie reste semé d'entraves. Malgré les discours et les promesses d'Emmanuel Macron, les résistances dans la classe politique françaises sont très fortes. La question de la mémoire reste un sujet de grande divergence en France. La droite ainsi que l’extrême droite s'opposent à toutes reconnaissances de ces crimes. Le sujet est aussi au centre d'une campagne électorale très tendue pour les présidentielles. Certains candidats considèrent toujours que la France a effectué une mission civilisatrice en Algérie et refusent d'admettre que pendant la colonisation des crimes contre l'humanité ont été commis par la France que se soit en Algérie, ou sur son territoire. Le 17 octobre 1961, des Algériens ont été jetés dans la Seine. En 2012, à l'occasion du 51e anniversaire de la manifestation, le président de la République française François Hollande reconnait au nom de la République, la « sanglante répression » au cours de laquelle ont été tués « des Algériens qui manifestaient pour le droit à l'indépendance ». Cependant au-delà du discours, cette reconnaissance reste insuffisante.