La Chambre nationale des notaires a instruit l'ensemble des notaires algériens de cesser de délivrer des procurations pour les véhicules acquis avec la licence moudjahid. Cette décision a été prise pour mettre fin au business de voitures avec cette licence ; une tendance exacerbée après l'arrêt de l'importation des véhicules neufs en Algérie. 

La pratique relative à l'importation des voitures sous licence moudjahid ne date pas d'aujourd'hui en Algérie. Des importateurs et de simples citoyens acquièrent des véhicules à l'aide de cette procédure depuis des années. Cela leur permettait d'économiser une importante somme d'argent ; une voiture importée avec une licence moudjahid étant exempte des droits de douane, qui sont de 30 % de son prix.

Voitures sous licence moudjahid : Un business florissant en Algérie

Ces derniers mois, cette pratique est exacerbée et a pris forme d'un business, fait remarqué la Chambre nationale des notaires dans un communiqué repris par la page Info trafic Algérie et le journal Echorouk. Dans le même document, la chambre nationale des notaires affirme avoir saisi l'ensemble des notaires exerçant en Algérie ; les instruisant de ne plus délivrer des procurations pour ce genre de véhicules.

Selon la même source, des importateurs s'adonnent à cette pratique pour importer des voitures et les revendre ensuite à des prix exorbitants. En principe, une voiture importée avec une licence moudjahid ne peut pas être revendue durant la période allant de 3 à 5 ans après son acquisition.

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Mais avec la complicité de certains notaires, des transactions ont été effectuées grâce à des procurations notariales, a expliqué le président de la Chambre nationale des notaires au journal Echorouk. Selon lui, plusieurs notaires sont passés en Conseil de discipline et certains d'entre eux ont été révoqués définitivement de la profession.

L'Organisation algérienne de protection et d'orientation du consommateur et de son environnement (APOCE) a confirmé cette pratique, qui prend des proportions alarmantes en Algérie. L'organisation a par ailleurs appelé, dans des déclarations rapportées par le même journal, les Algériens à ne pas se fier à ce genre de transactions. Elle a affirmé que des importateurs n'hésitent pas à revendre le même véhicule à plusieurs personnes, qui se retrouvent ensuite en justice.