Les relations diplomatiques entre l’Algérie et l'Espagne sont très tendues. En raison du changement de position de l'Espagne par rapport à la question du Sahara occidentale, l’Algérie a décidé de suspendre le traité d'amitié liant les deux pays. Depuis, les transactions commerciales sont gelées à l’exception des livraisons du gaz. Cependant ces livraisons ont diminué de façon drastique. L'Algérie qui était le premier fournisseur de l'Espagne en gaz a reculé à la troisième place. Elle a été dépassée par les États-Unis et la Russie.

Ainsi, cette crise diplomatique intervient dans une conjoncture de guerre en Ukraine qui a accentué la demande sur le gaz algérien. Cependant, malgré le spectre de l’arrêt des livraisons russes, l'Algérie perd sa première place de principal fournisseur de gaz à l'Espagne. Le pays est déjà dépassé par les États-Unis au lendemain de l’arrêt à la fin du mois de novembre 2021 de l’un des deux gazoducs qui le relient à l’Espagne, le GME (gazoduc Maghreb-Europe), qui traverse le Maroc. L'Algérie a ensuite perdu sa deuxième place au profil de la Russie alors que cette dernière est en conflit ouvert avec l'Union européenne.

En effet, selon l'agence Bloomberg, l’Algérie a été surclassée en juin dernier par la Russie au moment où l’Europe voulait plus de gaz algérien pour réduire sa dépendance vis-à-vis du gaz russe. L'agence, qui cite les chiffres de l’opérateur Enagas, rapporte que les importations espagnoles en provenance de Russie ont plus que doublé en juin par rapport à mai, et constituent désormais 24 % de la demande totale de l’Espagne. Quant aux livraisons en provenance d’Algérie, elles sont tombées à 7 763 gigawatts-heures contre 9 094 gigawatts-heures en mai. Elles ont chuté de moitié par rapport à juin 2021 et ne représentent plus que 22 % de la demande espagnole. De leur côté les États-Unis restent le plus grand fournisseur de l’Espagne avec une part de 30 %.

L'Espagne a donc choisi de s'adapter au contexte de crise avec l’Algérie en favorisant de plus en plus vers le GNL livré par méthaniers. Il faut souligner que malgré la crise diplomatique entre l'Algérie et l'Espagne, les autorités algériennes ont assuré à plusieurs reprises qu'elles vont respecter leurs engagements contractuels avec l’État espagnol. Cependant, ces autorités ont entamé des négociations avec l'Espagne pour revoir le prix du gaz fourni par l’Algérie.