La compagnie publique de transport aérien Air Algérie, qui a le quasi-monopole du secteur depuis la disparition de Khalifa Airways dans les années 2000, va devoir supporter de nouveau la concurrence. L'ouverture du secteur  aérien au privé est imminente. Et cette ouverture pourrait bien enfoncer Air Algérie, qui traverse déjà une crise aiguë.

Après l'annonce de la création d'entreprises privées pour le fret aérien en mars dernier, le ministre des Transports Aïssa Bekkai a rencontré de nombreux investisseurs privés dans le domaine de l'aviation civile et du transport maritime. Cette rencontre, qui eu lieu à la fin du mois de juillet, s’inscrit notamment dans « le cadre du plan gouvernemental visant à encourager l’investissement privé dans le domaine de l’aviation civile et du transport maritime», selon le ministère des Transports.

Ainsi, si l'ouverture du secteur du fret aérien au privé risque de coûter cher à Air Algérie, surtout que ces derniers temps, faute de voyageurs, elle s'est tournée vers le fret aérien pour sauver les emplois, la dernière décision du ministre des transport risque de lui être fatale. Effectivement, la compagnie publique de transport aérien traverse une grave crise financière causée notamment par la crise sanitaire. Air Algérie compte d'ailleurs lancer un plan de restructuration afin de faire face à ses pertes astronomiques.

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Cette concurrence, qui arrive à un moment où la compagnie suffoque, ne peut que lui porter un coup fatal. Face à cette nouvelle concurrence, Air Algérie se retrouvera contrainte de s'aligner sur plusieurs plans. Vue sa situation, il n'est pas évident qu'elle fera face à des compagnies privées qui seront certainement sur l'offensive pour gagner des parts de marcher. Cette situation nous rappelle l'épisode de Khalifa Airways, qui a fortement impacté Air Algérie. En effet, en quelques mois d’existence, l’ancienne compagnie privée avait mis la compagnie publique en  grande difficulté.