Les circonstances de l'incident vécu par un avion d'Air Algérie en 2019 à l'aéroport de Lyon, en France, sont enfin connues. Le rapport du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) pour la sécurité de l'aviation civile, rendu public mardi 7 septembre, conclut à une erreur humaine.

Le 14 novembre 2019, il a neigé de façon précoce dans la région de Lyon. Un avion d'Air Algérie a interrompu son décollage en plein lancement sur la piste de l'aéroport Lyon Saint-Exupéry. Il devait décoller avec des passagers à bord pour rallier la ville algérienne d’Annaba.

Le freinage de l'appareil d'Air Algérie a été brutal, mais aucun blessé n'a été enregistré parmi les passagers ni les membres de l'équipage. Mais si le pilote n'a pas stoppé l'avion, il aurait pu percuter un véhicule de déneigement qui a eu l'autorisation d'agir sur la même piste de passage de l'avion de la compagnie aérienne algérienne.

Une erreur humaine à l'origine de l'incident d'Air Algérie à Lyon

« À 22 h 30, le déneigement était toujours en cours, les conditions LVP en vigueur et les deux pistes ouvertes. Le contrôleur SOL a autorisé les déneigeuses à pénétrer sur la piste intérieure pour réaliser la jonction entre un taxiway et la piste et les a gardées sur la fréquence SOL. Au même moment, sur la fréquence TWR, le contrôleur LOC a autorisé l’équipage d’un vol Air Algérie à s’aligner et à décoller de cette même piste », a fait savoir le rapport de la BEA qui a mené l'enquête depuis l'incident.

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Selon la BEA, l'incident a comme origine l'erreur humaine. Toutefois, des explications sont avancées dans le rapport notamment le volet climatique qui avait nécessité des changements dans le fonctionnement.

La BEA précise, entre autres causes de l'incident, qu'il y avait « une charge de travail élevée dans un contexte inhabituel où les rôles étaient parfois mal délimités ». « Des pratiques manquant d’un cadre clair sur l’utilisation des fréquences pour les véhicules lors des fermetures temporaires de piste » font également partie des lacunes signalées par le BEA, dénonçant, par ailleurs, « un plan neige défini de façon trop formelle et en partie déconnecté des réalités opérationnelles ».

À l'issue de cette enquête et de ses conclusions, le BEA a dit avoir émis quatre recommandations, dans le but d'éviter ce genre d'incidents à l'avenir. Ce sont des recommandations concernant « les décisions de régulation et de suspension des opérations aériennes en cas d’épisode neigeux », ainsi que « la coordination des opérations de déneigement ».