La France veut décidemment rectifier le tir après la sortie controversée d’Emmanuel Macron, qui avait soulevé le courroux d’Alger et provoqué une crise diplomatique entre les deux pays. Intervenant devant l’Assemblée nationale, le ministre des Affaires étrangère Jean-Yves Le Drian a affirmé, ce mardi 12 octobre 2021, que Paris respecte la souveraineté algérienne.

Les relations entre l’Algérie et la France traversent depuis quelques jours une zone de turbulence, peut-être jamais égalée. Tout avait commencé par les déclarations du président Emmanuel Macron tenues devant des jeunes Français d’origine algérienne. C’était au début du mois d’octobre en cours. Ce jour-là, le président français s’en est durement pris à l’Algérie et au régime algérien.

« Je ne parle pas de la société algérienne dans ses profondeurs, mais du système politico-militaire qui s’est construit sur cette rente mémorielle. On voit que le système algérien est fatigué, le Hirak l’a fragilisé », a t-il affirmé notamment. Ces propos n’ont pas été pour plaire à Alger, qui n’a pas tardé à réagir en rappelant son ambassadeur en France et en fermant son espace aérien aux avions militaires français. La présidence de la République a également riposté, dans la foulée, à travers un communiqué virulent. Depuis, les relations entre les deux pays s’enveniment davantage.

La France réitère son « respect » de « la souveraineté algérienne »

Pour calmer le jeu et rectifier le tir, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a évoqué ces relations ce mardi 12 octobre à l’occasion d’un discours prononcé devant l’Assemblée nationale. Dans son allocution, le chef de la diplomatie française a réitéré son « respect fondamental de la souveraineté algérienne ». « Récemment, le Président de la République a rappelé son profond respect pour le peuple algérien. Cela signifie aussi bien sûr le respect fondamental de la souveraineté algérienne », a t-il encore dit. « C’est aux Algériens et à eux seuls de décider de leurs destins et de définir les contours de leurs choix et de leur débat politique », a-t-il ajouté.

Au sujet du rappel d’Alger de son ambassadeur, le ministre a affirmé que « cela ne correspond pas à l’importance que nous attachons à la relation entre nos deux nations. Nous sommes convaincus de l’intérêt commun de nos deux pays à travailler ensemble. Cette vision […] est, je crois, partagée par beaucoup de responsables algériens à tous niveaux ».