Des bĂ©nĂ©voles des Restos du CƓur de la commune de FrĂ©jus refusent d'aider les sans-papiers en France, a rapportĂ© vendredi 22 octobre 2021 le journal Ouest France.

Des centaines de migrants clandestins rejoignent l'Europe chaque jour. Une grande partie est composée de Maghrébins, notamment d'Algériens. Ces sans papiers trouvent toutes les peines du monde pour joindre les deux bouts. Pis encore, certains ne trouvent ni abris, ni nourriture. Les exemples de personnes qui se retrouvent dans de telles situations ne manquent pas.

Cela dit, ces clandestins ne sont pas totalement laissĂ©s pour compte. Des associations caritatives viennent Ă  leur secours en leur offrant de la nourriture en attendant des jours meilleurs. Ces personnes, qui ont fui leurs pays pour diffĂ©rentes raisons, avec le rĂȘve de mener – ailleurs – une vie meilleure, se rabattent en outre sur les Rostos du CƓur pour au moins assouvir leur faim.

Les Restos du CƓur n'opùrent aucune discrimination

Plusieurs restos du genre ont ainsi ouvert leurs portes dans diffĂ©rents rĂ©gions françaises. C'est le cas de la commune de FrĂ©jus, oĂč un resto offre des repas Ă  ces sans-papiers se trouvant dans la contrĂ©e. Ce resto risque cependant de baisser rideau. Pour cause : les bĂ©nĂ©voles qui assurent le service ne veulent plus aider les clandestins. Ces derniers sont allĂ©s encore plus loin, en dĂ©missionnant collectivement. C'est ce qu'a rapportĂ© le journal Ouest France vendredi 22 octobre. Pourtant, la charte des bĂ©nĂ©voles des Restos du CƓur indique que « les Restos n’opĂšrent aucune discrimination ».

Les bĂ©nĂ©voles des Restos du CƓur affirment qu'il ne s'agit pas de racisme

« Toutes celles qui entrent dans les barĂšmes doivent ĂȘtre accueillies sans aucune discrimination et sans aucune sĂ©lection », souligne d'ailleurs le prĂ©sident dĂ©partemental des Restos du CƓur, citĂ© par la mĂȘme source. Pourquoi donc ces bĂ©nĂ©voles ont pris cette dĂ©cision radicale ?

Certains de ces sans-papiers, qui se nourrissent au niveau du restaurant, deviennent menaçants, explique l'un d'eux. « Nous ne sommes pas racistes », soutien Chantal (membre des Restos du CƓur depuis 16 ans). « Des personnes nous traitent de xĂ©nophobes. [
] cela ne correspond pas Ă  la rĂ©alitĂ©. Africains, Russes, Afghans
 Nous avons toujours accueilli tout le monde sans aucune distinction. Tous les bĂ©nĂ©ficiaires le savent. D’ailleurs, certains ont pleurĂ© quand nous leur avons annoncĂ© notre dĂ©part. Nous n’avons pas dĂ©missionnĂ© de gaĂźtĂ© de cƓur ». Chantal affirme que cet engagement au sein de l’association Ă©tait toute leur vie.

Des migrants et sans-papiers « menaçants » aux Restos du CƓur

« Nous avons toujours accueilli tout le monde, y compris les sans-papiers qui, si on se rĂ©fĂšre Ă  la charte, ne pouvaient pas prĂ©tendre Ă  l’aide alimentaire », explique HervĂ©, un autre bĂ©nĂ©vole, qui explique : « Étant donnĂ© que nous ne pouvions pas les inscrire, nous leur donnions des colis de dĂ©pannage. Le problĂšme, c’est qu’il y a deux ans, certains d’entre eux sont devenus menaçants. Un jour, un membre de notre Ă©quipe s’est mĂȘme pris une boĂźte de conserve en plein visage. Il fallait rĂ©agir avant qu’un bĂ©nĂ©vole soit blessĂ©. On a continuĂ© Ă  servir les migrants Ă  condition qu’ils soient accompagnĂ©s du travailleur social qui les suit dans leurs dĂ©marches lĂ©gales de demande d’Asile. En ce qui concerne les clandestins et les sans-papiers en situation irrĂ©guliĂšre, qui par dĂ©finition ne sont suivis par aucun travailleur social, nous avons dĂ» prendre la dĂ©cision de ne plus les inscrire ».

« Mais nous continuions quand mĂȘme Ă  leur fournir des colis de dĂ©pannage. La direction est venue nous expliquer qu’il fallait continuer d’inscrire tout le monde, mĂȘme ceux qui n’avaient pas les papiers requis. En septembre 2021, pendant l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale, on m’a posĂ© cet ultimatum : "tu acceptes ou tu dĂ©missionnes". J’ai choisi de dĂ©missionner Ă  contrecƓur et les autres m’ont suivi », explique Catherine (6 ans de bĂ©nĂ©volat).

DĂ©sormais, HervĂ©, Chantal et Catherine affirment que « les Restos du CƓur ont beaucoup changĂ© » et qu'ils sont « devenus une vĂ©ritable entreprise ». Ils soutiennent qu'« on n'y retrouve plus l'esprit de Coluche ». Mais eux pour qui l'association est « toute [leur] vie » pensent Ă  crĂ©er leur propre association caritative.