Le phénomène des harraga algériens, qui prennent la mer par milliers pour rejoindre le sud de l’Europe, particulièrement les côtes espagnoles, a pris cette année des proportions alarmantes. Les chiffres annoncés par les médias et les organismes en charge de ce dossier, sur le nombre impressionnant d’Algériens qui s’aventurent au quotidien à bord d’embarcations de fortunes, donnent froid dans le dos.

La harga engendre malheureusement de nombreuses victimes qui périssent en mer, avant d’atteindre ce qu’ils croient être l’Eldorado. En contrepartie, ce phénomène rapporte d’importants bénéfices pour les nombreux passeurs et réseaux activant dans ce qui est considéré de nos jours comme une véritable industrie. En Algérie, chaque jour on fait état de plusieurs départs depuis plusieurs côtes algériennes. Jeunes et moins jeunes, hommes, femmes et enfants, n'hésitent pas à sauter dans des embarcations de fortune pour rejoindre la rive nord de la Méditerranée.

Contre vents et marées, et au péril de leur vie, de plus en plus d’Algériens se mettent à l’aventure de la harga. Un document interne des autorités espagnoles, consulté récemment par l'AFP, fait état de l'arrivée de 9 664 Algériens sur les côtes espagnoles depuis le mois de janvier dernier. Soit 20 % de plus par rapport à l'année 2020. Selon l’agence européenne Frontex, avec ce nombre, les Algériens sont à la première place en matière des arrivées clandestines en Espagne.

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60 millions d’euros gagnés par les passeurs de harraga depuis le début de l’année 2021

Des chiffres qui rapportent surtout de gros bénéfices pour les organisateurs de ces « expéditions », à savoir les passeurs. Ces derniers opérant à travers plusieurs réseaux entre l’Algérie et l’Espagne. Le magazine Jeune Afrique a rapporté dans une enquête publiée ce mercredi 3 novembre que le coût d’une place sur un bateau pour prendre la mer clandestinement depuis les côtes algériennes vers le sud de l’Espagne, s’élève aujourd’hui à plus de 800'000 dinars (environ 5'000 euros). Certains voyageurs vont jusqu’à débourser 1 million de dinars (6'300 euros), précise le magazine. Selon les estimations, effectuées par Jeune Afrique, le commerce juteux de la migration clandestine entre l’Algérie et l’Espagne a généré plus de 60 millions d’euros au profit des réseaux de passeurs depuis le début de l’année 2021.