C’est un aveu qui en dit long sur l’ampleur de la gabegie et de la corruption qui ont gangrené la gestion de nombreux secteurs en Algérie. Dans une déclaration aux médias le lundi 6 décembre, le Premier ministre Aïmene Benabderrahmane a révélé un chiffre qui fait froid dans le dos concernant le « gaspillage » des ressources financières en devise accordée par l’État dans le cadre de l’aide aux investisseurs.

S’exprimant devant les médias, le lundi 6 décembre en marge de la clôture de la Conférence nationale sur la relance industrielle tenue à Alger, le Premier ministre Aïmene Benabderrahmane, qui détient également le portefeuille du ministère des Finances, est revenu sur la situation du secteur industriel en Algérie et les perspectives de sa relance selon le plan du gouvernement. « La nouvelle politique industrielle décidée par le chef de l’État répond aux attentes de tous les acteurs activant dans les secteurs économiques », affirme-t-il.

Évoquant l’état des lieux actuel du secteur économique et industriel en Algérie, le Premier ministre a dressé un tableau noir, non sans révéler certains chiffres qui démontrent tout simplement la non-gestion et l’ampleur des pertes qu’a subie l’Algérie en matière de ressources financières en devises. « L’État a accordé d’importantes sommes financières et de nombreuses facilités en matière d’aides fiscales pour les opérateurs économiques et les investisseurs. Des aides qui n’ont pas généré des résultats et avec un pourcentage de réussite infime », explique le Premier ministre.

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10 milliards de dollars accordés par l'Algérie aux investisseurs, mais sans aucun résultat

Aïmene Benabderrahmane a aussi révélé, selon ses propos rapportés par Ennahar, que « 10 milliards de dollars accordés par l’État dans le cadre des aides aux investisseurs sont partis en fumée ». Le Premier ministre a expliqué que ces 10 milliards de dollars accordées aux investisseurs et différents porteurs de projets économiques ces dernières années « n’ont généré aucun résultat en matière de création de richesse et d’emploi ». D’où, selon lui, « la nécessité de revoir l’approche de l’État en matière d’investissement ».

« Actuellement, ce sont quelques rentiers qui  bénéficient des aides octroyés par l’État », a-t-il regretté, tout en promettant qu’à l’avenir « ces aides seront accordés pour les vrais investisseurs porteurs de véritables projets à travers l’ensemble du territoire national ».  À ce propos, le Premier ministre a insisté sur « la révision de la politique du crédit et de son coût pour le rendre compétitif, fluide et facile en faveur des investisseurs ».