En grande difficulté financière, aggravée par la crise du Covid-19, Air Algérie sombre de plus en plus dans l'incertitude. La suspension des vols a d'ailleurs enfoncé l'entreprise de transport aérien. Air Algérie traverse une zone de turbulence d’une ampleur inégalée. La réouverture partielle des frontières n'a pas arrangé les choses. La plupart des avions de la compagnie restent cloués au sol.

Ainsi, cette réouverture partielle a eu des répercussions négatives sur Air Algérie. La compagnie a perdu d’énormes parts de marchés et aussi en termes de rentabilité. Le blocage des avions dans le parking de la compagnie coûte très cher. Les avions sont vulnérables et s’usent plus rapidement quand ils sont cloués au sol. « Un avion qui vole coûte paradoxalement moins cher qu’un avion cloué au sol », selon les spécialistes de l’aérien.

La flotte d'Air Algérie, composée de 56 appareils, est exploitée dans sa totalité, mais le volume horaire reste trop bas pour préserver ces avions de l'usure. Selon, toujours les spécialistes, un avion est fait pour voler au minimum 8 heures par jour, or les avions d’Air Algérie ne volent que 2 heures en moyenne par semaine. Passé de 250 vols par jour en 2019 à 49 vols par semaine sur le réseau international, le taux d’exploitation de la flotte d'Air Algérie est de 12 %, ce qui fait exploser les frais de maintenance.

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Pour sortir de cette situation, la compagnie ne cesse de solliciter des vols supplémentaires, notamment depuis et vers la France. Une requête qui n'a pas reçu d'avis favorable de la part des autorités. Le ministre des Transports Aïssa Bekkai envisage la restructuration de la compagnie afin de relancer son activité. En réponse aux demandes d'aides de la part d'Air Algérie, Aïssa Bekkai a exhorté les responsables de la compagnie aérienne à faire de leur mieux pour développer encore davantage cette dernière, afin de lui permettre d'aller de l'avant. Il a également exprimé sa satisfaction concernant la création de filiales spécialisées, notamment dans le domaine de la maintenance. Une décision qui a fait réagir les syndicats de l'entreprise, qui dénoncent l'opacité de ce projet.