Le président-directeur général de la Société nationale des hydrocarbures (Sonatrach), Toufik Hakkar, a fait savoir que la compagnie compte lancer un projet d’investissement de grande envergure. Il a indiqué que la Sonatrach va investir 40 milliards de dollars entre 2022 et 2026 dans l’exploration, la production et le raffinage de pétrole, ainsi que dans la prospection et l’extraction de gaz.

Ainsi, après une année de disette en 2020 en raison de la chute des prix du pétrole plombés par la crise sanitaire, la Sonatrach compte revenir en force. Le groupe pétrolier a de grandes ambitions avec un projet d'investissement de 40 milliards de dollars en 4 ans. C'est ce qu'a annoncé le PDG de l'entreprise à la chaîne de télévision internationale algérienne AL24 News. Toufik Hakkar a précisé que le « tiers de ces investissements » impliquera des partenaires étrangers. Il a également indiqué que « la plus grosse part sera consacrée à l’exploration et la production pour préserver nos capacités de production, ainsi qu’à des projets dans le raffinage pour répondre à la demande nationale en carburant ».

Cette offensive de la plus grande entreprise algérienne a été entamée par la signature d'un contrat de production pétrolière d’un montant de 1,4 milliard de dollars avec le groupe italien Eni à la mi-décembre 2021, ainsi qu’un accord de coopération dans la transition énergétique. Ce contrat couvre une superficie totale de 7 880 km2 dans la partie sud du bassin de Berkine, où Sonatrach et Eni opèrent depuis 2013. Il s’agit du premier contrat entre les deux partenaires depuis la promulgation, en novembre 2019, d’une nouvelle loi sur les hydrocarbures introduisant le partage de production.

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Retour de la Sonatrach sur le plan international

Par ce nouveau plan d'investissement, la Sonatrach annonce également ses ambitions sur le plan international. En effet, le groupe pétrolier ambitionne de retourner en Libye. Le PDG de la Sonatrach a annoncé que son groupe a entamé les démarches pour se réinstaller dans ce pays où il a suspendu la plupart de ses activités depuis 2014 en raison de la situation sécuritaire. Hakkar a annoncé qu'une délégation du groupe se rendra sur place d’ici la fin février afin de préparer avec la NOC, la compagnie nationale libyenne, les « conditions de retour en vue de sécuriser les travailleurs et les équipements ». Il a souligné que la Sonatrach avait « engagé d’importants investissements en matière de prospection de pétrole et de gaz » en Libye et qu’il n’allait pas « laisser ces découvertes sans développement ».

Il faut dire également que ce plan de la Sonatrach sur 4 ans prévoit, entre autres, une raffinerie à Hassi Messaoud (le plus grand gisement de pétrole en Algérie) et une extension de la raffinerie de Skikda destinée à convertir certains dérivés en carburants, a expliqué Toufik Hakkar. Ce dernier a également indiqué que Sonatrach compte mettre en service en janvier le quatrième turbocompresseur du gazoduc Medgaz, qui transporte le gaz algérien vers l’Espagne et le Portugal. Ce turbocompresseur permettra d’assurer les approvisionnements du marché espagnol conformément aux quantités contractuelles, estimées à 10,5 milliards de mètres cubes, et de répondre aux éventuelles demandes de quantités supplémentaires.