La présidente du Parti de l'équité et la proclamation (PEP), Naïma Salhi, enregistre ses premiers déboires avec la justice algérienne. Selon le quotidien francophone Le Soir d'Algérie, l'ex-députée de Boumerdès a été placée en liberté provisoire après avoir été inculpée par le juge d'instruction du tribunal de Cheraga, à Alger, dans une affaire de diffamation, racisme et mise en danger de la vie d'autrui.

Selon la même source, la décision de placer l'ex-parlementaire en liberté provisoire a été prise, il y a plus d'une semaine, dans l'affaire l'opposant à un fonctionnaire du ministère de l'Intérieur, en l'occurrence Mourad Amiri, très actif au sein du Hirak depuis février 2019. Ce dernier a déposé plainte contre Naïma Salhi, qui n'a pas manqué de le dénoncer et dénoncer son activisme pro-Hirak, notamment sur sa page Facebook.

L'ex-députée d'obédience islamiste avait appelé les dirigeants de l'époque à licencier le jeune Mourad Amiri, en proférant de graves accusations contre lui. Longtemps après le dépôt de plainte, Naïma Salhi a été convoquée au tribunal de Cheraga et auditionnée à deux reprises par un juge d'instruction. Ce dernier a décidé de la mettre en liberté provisoire, visiblement pour lui permettre de circuler librement, puisque s'il l'avait placée sous contrôle judiciaire, elle devrait remettre tous ses documents de voyage et se rendre régulièrement au tribunal pour signer un procès-verbal.

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Naïma Salhi poursuivie dans deux affaires distinctes

À la suite de cette décision du juge d'instruction, les avocats de la présidente du PEP, Naïma Salhi, ont introduit un appel pour contester la mise en liberté provisoire. C'est la chambre d'accusation de la Cour de Tipaza qui examinera l'appel de la défense, et ce, le jeudi 10 février.

Il importe de rappeler que Naïma Salhi est déjà impliquée dans une affaire judiciaire, après une plainte déposée par deux avocats et un journaliste en raison de ses propos jugés racistes envers la Kabylie et les Kabyles. En effet, les avocats Sofiane Dekkal et Kader Houali et le journaliste Salim Chaït ont déposé plainte contre la présidente du parti islamiste PEP pour incitation à la haine raciale et appel au meurtre.

Cette action pourrait aboutir très vite, selon le même média, qui précise que les chefs d'accusation pourraient être requalifiés en « atteinte à l'unité nationale ». C'est qu'elle a poursuivi ses graves provocations malgré les deux plaintes déposées contre elles. Il a fallu un changement dans le régime algérien pour qu'elle change de ton et qu'elle se mette à se la jouer conciliante.