Au Maroc, la vente et la consommation d'alcool sont pénalisées ; les consommateurs risquent même la prison. Une réalité qui est aux antipodes d'un pays réputé pour son tourisme et l'accueil des étrangers qui sont en grande partie des consommateurs d'alcool. Cependant, le ministre marocain de la Justice compte mettre fin à cette contradiction.

Cette dépénalisation sera effective avec la réforme du Code de procédure pénale, en attente d'être adoptée au Maroc. En effet, selon le ministre marocain de la Justice, Abdellatif Ouahbi, cette réforme entend entre autres introduire la dépénalisation de la vente et de la consommation d'alcool.

L'information a été révélée lors d'un débat avec Nabil Benabdallah, secrétaire général du PPS. Le ministre de la Justice a donné quelques détails, soulignant qu'il ne présenterait la version finale du Code de procédure pénale au Parlement qu'en 2023. « C'est moi qui présiderai la rédaction de ce nouveau texte et c'est moi, en tant que ministre de la Justice, qui veillerai à la mise au point du futur Code de procédure pénale », a-t-il fait savoir.

Alcool interdit au Maroc : Un héritage du protectorat français

Pour le ministre marocain, il est inconcevable que la justice continue de sanctionner les consommateurs d'alcool alors qu'on leur impose le payement des taxes. « Je trouve aberrant que, d'un côté, un consommateur d'alcool paie les impôts sur l'alcool et que de l'autre, on le réprime en l'envoyant en prison [pour avoir consommé cet alcool] », a-t-il souligné.

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Il faut rappeler que le Maroc produit et consomme des quantités importantes de vins. Bien que la loi de 1967 autorise les viticulteurs à vendre l'alcool aux non-musulmans, elle sanctionne les consommateurs musulmans. Il faut aussi dire que cette loi est un héritage du protectorat français. En effet, cette loi, qui réglemente aujourd'hui la consommation d'alcool par les Marocains musulmans, fait suite à l'intensification de la culture de la vigne et l'implantation de débits de boissons dans les villes du pays lors de ce protectorat.

Cette intensification avait alors suscité des mécontentements, et c'est dans le but de respecter les mœurs marocaines que l'arrêté viziriel du 5 mai 1937 avait établi un certain nombre de mesures à respecter. Depuis, il est alors interdit aux Marocains musulmans d'exploiter des débits de boissons ou d'y consommer de l'alcool. Par ailleurs, cet arrêté prévoit des sanctions pour les tenanciers de débits de boissons qui vendraient sciemment de l'alcool aux Marocains musulmans.