Depuis le début du conflit en Ukraine, la filière céréalière connaît des perturbations. Les prix ont explosé et les inquiétudes sur le recul de l'offre se confirment. En effet, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a exprimé ses inquiétudes par rapport au recul de la production mondiale en 2022.

Cette organisation a révélé que les premières projections de la production céréalière mondiale pour l'année 2022 indiquent un fléchissement possible. Ce recul de la production, qui peut encore tirer les prix vers le haut, est le premier en 4 ans. C'est ce qu'indique la FAO indique dans son dernier bulletin sur l'offre et la demande de céréales, publié le 3 juin.

L'organisation précise que « compte tenu de l'état des cultures déjà en terre et des semis prévus, les projections indiquent un repli de la production mondiale de céréales, laquelle devrait s'établir à 2,784 milliards de tonnes (y compris le riz en équivalant usiné), soit 16 millions de tonnes de moins que la production record estimée pour 2021 ». Cette baisse de production touchera principalement le maïs, suivi du blé et du riz, affirme la FAO.

Le rapport stocks/utilisation de céréales à son plus bas niveau depuis 2013-2014

Cependant, pour cette année « il est prévu une progression des récoltes d'orge et de sorgho en 2022, ce qui constituerait un rebond partiel à la suite de la baisse du niveau de production d'orge en 2021, et représenterait pour le sorgho le niveau de production le plus élevé depuis 2016 ». La FAO considère d'après ces premières prévisions, concernant la production mondiale de céréales en 2022 et de son utilisation en 2022-2023, que la production céréalière ne serait pas suffisante pour satisfaire les besoins d'utilisation escomptés, ce qui conduirait à une contraction de 0,4 % des stocks mondiaux de céréales par rapport à leurs niveaux d'ouverture, stocks qui s'établiraient ainsi à 847 millions de tonnes.

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Par ailleurs, au niveau actuellement projetés en ce qui concerne l'utilisation et les stocks, le rapport stocks/utilisation de céréales passerait de 30,5 % au niveau mondial en 2021-2022 à 29,6 % en 2022-2023. Un taux qui correspondrait au plus bas niveau du rapport stocks/utilisation depuis 2013-2014, mais serait encore très au-dessus de son niveau le plus bas jamais enregistré (21,4 % en 2007-2008). Parmi les céréales principales, ce sont les stocks de maïs qui devraient subir la plus forte baisse, a indiqué l'organisation onusienne.

Donc, les  échanges mondiaux de céréales devraient subir leur plus fort repli en trois ans, en s'établissant à 463 millions de tonnes, soit 2,6 pour cent en dessous de leur niveau de 2021-2022, selon la FAO. Cette baisse anticipée s'explique par une contraction probable des échanges mondiaux de céréales secondaires et de blé, tandis que les perspectives pour le riz restent positives, a précisé la même organisation. Ce repli impactera les prix de ces céréales, notamment si le conflit en Ukraine perdure.