Le pouvoir d'achat des ménages algériens ne cesse de s'éroder. Tous les clignotants sont au rouge. La hausse des prix, notamment ceux des produits de première nécessité, est vertigineuse. L'inflation a explosé dans le pays. La dernière note de l'Office national des statistiques (ONS), portant sur l’indice des prix à la consommation, indique une hausse de 10,86 % entre avril 2021 et avril 2022, alors que le taux d’inflation annuel a atteint 9,71 %.

Ainsi, le pouvoir d'achat des Algériens s'érode de plus en plus. Ils ne peuvent plus faire face à cette flambée des prix avec de maigres salaires. Afin de faire face à cette érosion, le gouvernement compte prendre certaines mesures dans la loi de finances complémentaire 2022, sur orientation du chef de l'État. Abdelmadjid Tebboune a, en effet, instruit son gouvernement pour la révision de cette loi de finances complémentaire. Cette loi devra donc répondre à « une vision réaliste et rationnelle qui préserve l’équilibre macro-financier de l’État et les acquis sociaux institués par l’État en faveur des citoyens ». Dans le communiqué de la présidence de la République, il est question d'une orientation « réaliste et rationnelle » afin de pallier le manque de ressources induit par les effets de la loi de finances 2022. Ce qui se traduira par « un allègement des charges inhérentes aux mesures prises par le gouvernement ».

Pour ne pas compliquer davantage la situation des ménages « la loi de finances complémentaire 2022 ne doit pas renfermer de nouveaux impôts, ni toucher sous aucune forme la structure des prix appliqués actuellement, l’objectif étant de préserver le pouvoir d’achat et les acquis sociaux décidés par l’État en faveur des citoyens », explique la présidence qui ajoute que les citoyens « à faible et moyen revenus ne doivent pas être la catégorie la plus soumise aux impôts ».

Les Algériens attendent une hausse des salaires

Cependant devant la situation actuelle marquée par une inflation galopante, provoquant une énorme pression sur les revenus des ménages, ces mesures ne peuvent être suffisantes. En effet, elles n'ont aucun impact sur l'augmentation sans précédent des prix des produits à la consommation. Les Algériens s'attendent à d'autres mesures telles que l’indexation des salaires et des retraites sur l'inflation et également la hausse des salaires, qui restent très faibles pour faire face à ces hausses des prix.