L'Espagne a entamé l’exportation de gaz vers le Maroc via le gazoduc Maghreb-Europe (GME) en sens inverse le 28 juin, et cela en dépit des réserves de l’Algérie. Elle a assuré que cette première livraison ne s'agit pas de gaz algérien, alors que l’Algérie n’alimente plus le GME à destination de l’Espagne depuis fin octobre 2021, sur fond de crise diplomatique avec le Maroc. Cependant, des doutes ont persisté sur l'origine de ce gaz. Plusieurs sources médiatiques ont affirmé que son origine est inconnue. 

Ainsi, pour rassurer l’Algérie le royaume ibérique a une nouvelle fois communiqué sur cette question. En effet, le journal espagnol La Vanguardia a affirmé que ce gaz exporté vers le Maroc provient des États-Unis d'Amérique. Arrivé à Bilbao en Espagne, il a été déchargé dans l’une des usines de regazéification avant d’être acheminé vers le Maroc. Cette information confirme donc que l'origine de ce gaz n'est pas algérienne.

L’Espagne veut éviter les foudres d'Alger

Il faut dire que cette première livraison a suscité une polémique, même si le royaume ibérique a assuré qu'il s'agissait d'un méthanier acheté par le Maroc sur le marché international, qui est arrivé dimanche 26 juin dans une usine de regazéification en Espagne, ce qui a permis de lancer lundi l’exportation du gaz vers le Maroc via le gazoduc Maghreb-Europe en sens inverse, qui a été réceptionné mardi. Il faut souligner également que l'Espagne a exporté une faible quantité de gaz au Maroc. Seulement deux petits navires ont été déchargés dimanche dans les usines de regazéification de Huelva (28 000 mètres cubes) et de Carthagène (34 000 mètres cubes), avait affirmé l'entreprise espagnole Enagas. Des informations confirmées par des sources gouvernementales espagnoles à El Periódico de la Energía. Ces sources précisent que cette quantité de gaz ne peut produire qu’environ 55 MWh d’énergie.

En communiquant sur l'origine de ce gaz, l'Espagne veut éviter les foudres d'Alger. Elle réaffirme que le gaz envoyé au Maroc ne provient pas d’Algérie. Des sources du ministère espagnol de la Transition écologique et du Défi démographique avaient même assuré qu’un certificat sera délivré pour rassurer l’Algérie que pas une molécule de son gaz n’ira au Maroc et que l’interconnexion fonctionnera suivant les règles de l’UE. Il faut dire que le démarrage de l'exploitation du gazoduc Maghreb-Europe (GME) en sens inverse pourrait pousser à l’escalade dans la crise diplomatique entre l'Espagne et l'Algérie. Alger, qui a déjà décidé de réduire ses exportations de gaz vers l'Espagne, pourrait donc durcir ses sanctions. De son côté, l'Espagne, qui veut satisfaire le Maroc sans pour autant déranger l'Algérie, réaffirme encore une fois que le gaz exporté vers le Maroc ne provient pas des exportations algériennes.