Le phénomène de l'immigration clandestine prend de plus en plus d'ampleurs en Algérie. Hommes, femmes et enfants fuient le pays à bord de barques sans se soucier des dangers de la mer. Rien qu'au mois de juillet, 2217 harraga algériens ont réussi à atteindre les côtes espagnoles selon l’ONG espagnole CIPIMD (Centre international d’identification des migrants disparus), basée à Malaga.

Ainsi, la crise multidimensionnelle que traverse le pays aggrave la détresse des Algériens. Ces derniers sont nombreux à vouloir quitter le pays. Certains le font dans la légalité avec des visas d'installation, regroupement familial, visas d'études, et d'autres prennent des risques énormes en traversant la mer à bords de barques de fortunes.

Les cotes espagnoles, plus proches et plus faciles à atteindre sont la première destination de ces harraga. Le Centre international d’identification des migrants disparus, qui suit la situation, donne des chiffres ahurissants. Cette ONG précise que parmi les 2217 Algériens qui ont atteint les côtes espagnoles « 1417 d’entre eux ont été interceptés par la Guardia Civil, ou les gardes-côtes espagnols ». Elle ajoute que « les 800 autres ont réussi à se faufiler dans le pays sans se faire arrêter».

Des femmes et des enfants dans les barques de harraga

Ces migrants clandestins, dont des femmes et des enfants, sont arrivés à bord de 120 barques sur les plages d’Almeria et des Baléares. Ceux qui sont arrêtés sont interrogés et placés au centre de rétention pour étrangers. Ils sont, ensuite, relâchés au bout de 48 ou 72 heures, avec des décisions d’expulsion. Des décisions qui ne sont généralement pas appliquées, surtout dans ce contexte de crise sanitaire.

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Les harraga algériens s'échappent des centres de quarantaine

Il faut rappeler que plusieurs harraga algériens se sont échappés d'un centre de quarantaine dans la région d'Andalousie, au sud de l'Espagne, le 17 juillet dernier. Ces Algériens font partie des centaines de migrants clandestins qui sont arrivés depuis l'Algérie entre le 28 juin et le 4 juillet.

Les Forces et corps de sécurité de l'État espagnol (FCSE), avaient affirmé que « presque chaque jour, nous recevons des avertissements de ces installations concernant des tentatives d'évasion ». Ces harraga sont ensuite libérés après la période de quarantaine, et un ordre d'expulsion est prononcé contre eux, mais il n'est jamais exécuté, à cause des restrictions appliquées par les pays d'origine comme l'Algérie, avait indiqué le FCSE, qui ajoute que « dès qu'ils (les migrants, NDLR) partent, ils sont des hommes libres ».