Depuis plus de 25 ans, l’Algérie exporte vers l’Espagne des milliards de mètres cubes de gaz naturel via un gazoduc traversant le Maroc. Toutefois, ce contrat est menacé, selon de nombreux observateurs, par la crise politique sans précédent qui secoue depuis plusieurs mois les deux pays du Maghreb.


En effet, les autorités algériennes affichent depuis fin août leur intention de fermer le robinet à l’expiration du contrat du Gazoduc Maghreb Europe (GME) le 31 octobre, ce qui, selon les experts, pourrait compromettre la fourniture de gaz à l’Espagne, à l’approche de l’hiver, dans un contexte de forte hausse des prix dans toute l’Europe.

Le GME a été mis en service en 1996, avec une capacité de 12 milliards de mètres cubes par an. À part 700 millions de mètres cubes prélevés par le Maroc comme droit de passage du gazoduc sur son territoire, le reste est destiné à l’Espagne et au Portugal.

Approvisionnement en gaz : l’Espagne se dit « rassurée » par Alger

Le non-renouvellement du contrat, qui expire le 31 octobre, a été confirmé le 7 septembre. Entre temps, l’Algérie avait pris ses devants en renforçant les capacités de l’autre gazoduc, le Medgaz, qui relie directement les territoires algérien et espagnol sans passer par le Maroc.

Le ministre des Affaires étrangères espagnol José Manuel Albares a d’ailleurs affirmé, jeudi 30 septembre lors d’une visite à Alger, avoir été « rassuré quant à la continuité de l’approvisionnement » en gaz de son pays par l’Algérie, sans donner de détails sur les canaux qui seraient utilisés.

« L’Algérie est un partenaire économique de premier ordre pour l’Espagne, et a toujours été un partenaire fiable qui a honoré ses engagements. J’ai également été rassuré aujourd’hui quant à la continuité de l’approvisionnement (en hydrocarbures) », a indiqué en effet Albares Bueno à la sortie d’audience que lui a accordée le chef de l’État Abdelmadjid Tebboune.