Le ministre français de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a affirmé, samedi 2 octobre, que la France est prête à revenir sur sa décision de réduire de façon drastique le nombre de visas Schengen à accorder aux demandeurs d'Algérie, du Maroc et de Tunisie. Mais pour cela, il pose une condition.


Intervenant devant le Parlement français, le ministre de l'Intérieur a posé sa condition pour que la France annule sa décision sur l'octroi de visas Schengen aux ressortissants algériens, marocains et tunisiens. Les autorités des 3 pays d'Afrique du Nord devraient accepter de délivrer les laissez-passer consulaires qui permettent à la France de concrétiser l'expulsion des Algériens, des Marocains et des Tunisiens faisant l'objet d'obligation de quitter le territoire français (OQTF).

En réalité, il n'y a rien d'extraordinaire dans la déclaration de Gérald Darmanin. Parce que si la France a décidé de réduire le nombre de visas Schengen aux Algériens, c'est parce que les autorités algériennes ne veulent pas accueillir les ressortissants en situation irrégulière sur le sol français.

Pour rappel, les autorités françaises ont décidé de sanctionner les trois pays d'Afrique du Nord, en réduisant drastiquement le nombre de visas Schengen à délivrer à leurs ressortissants. Cette décision, prise il y a un mois, devrait pénaliser sérieusement les demandeurs algériens, avec 31 500 visas Schengen accordés en 2021. Un chiffre dérisoire, comparé aux 275 000 visas accordés en 2019.

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Il faut dire que les autorités françaises expliquent leur décision par le refus de l'Algérie de récupérer ses ressortissants expulsés. Des chiffres édifiants ont été donnés. Sur les 7731 obligations de quitter le territoire français ordonnées par la justice, seulement 22 ont été exécutées, soit à peine 0,2 %. Après avoir tenté le dialogue, le conditionnement des aides au développement et les menaces, la France est finalement passée aux sanctions, avait tenté de justifier le ministre français de l'intérieur, Gérald Darmanin.