La compagnie aérienne tunisienne Tunisair fait face à de nombreuses difficultés. Déjà fragilisée par les restrictions imposées à cause de la situation sanitaire liée au Covid-19, Tunisair croule sous les dettes et fait face à un autre problème : celui de la fuite de ses pilotes vers les autres compagnies étrangères.

Devant cette situation, le PDG de Tunisair Khaled Chelly a fait part récemment du nouveau plan de restructuration mis en place par la direction de la compagnie. Une décision prise dans le but de redresser la situation financière difficile dans laquelle se trouve actuellement Tunisair.

Tunisair fait face de nombreuses difficultés sur le plan financier

À ce propos, le PDG de Tunisair a révélé, dans un entretien accordé au quotidien tunisien Assabah, que la compagnie aérienne tunisienne essuie un déficit de 1,2 milliard de dinars tunisiens, traîne une dette de 2,2 milliards TND et fait face à des problèmes de liquidités. Ce plan de restructuration concerne notamment le volet social et logistique avec la suppression de centaines de postes d’emplois et la fermeture de plusieurs agences de Tunisair à l’étranger.

Des pilotes de Tunisair fuient vers Air Sénégal

À ces nombreuses difficultés auxquelles fait face la compagnie Tunisair, s’ajoute celle de la fuite des compétences, qui risque d’aggraver encore plus sa situation déjà fragile. En effet, une quinzaine de pilotes tunisiens ont quitté la compagnie locale Tunisair pour rejoindre Air Sénégal, rapporte Jeune Afrique dans son édition du 11 octobre.

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Les pilots tunisiens sont attirés par la visibilité garantie par la compagnie Air Sénégal concernant le nombre de vols, l’organisation du travail et les conditions de sécurité, précise la même source. Selon le président de la Fédération tunisienne des pilotes de ligne (FTPL), Karim Elloumi, « un certain nombre de pilotes de Tunisair pensent se trouver dans l’obligation de quitter le pays et de mettre le cap sur des compagnies aériennes étrangères, beaucoup plus attrayantes ».

Endettée à hauteur de 2,2 milliards de dinars (670 millions d’euros), Tunisair ne fait plus rêver les pilotes. En parallèle, Air Sénégal, en pleine expansion, « proposerait un salaire jusqu’à quatre fois plus élevé que le tarif tunisien pour voler sur sa flotte d’Airbus A320/A330 », indique Karim Elloumi.

« Le salaire du pilote de Tunisair ne représente que la moitié de celui d’Air Algérie » selon le président de la FTPL

« Faisons une simple comparaison avec les pays voisins : le salaire du pilote en Tunisie ne représente que la moitié de celui de son collègue d’Air Algérie et environ le tiers du salaire de son collègue de Royal Air Maroc ! », a déclaré Karim Elloumi, le 5 octobre dernier, au site africamanager, dans sa version en arabe.

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Le président de la FTPL a estimé que « l’absence d’une stratégie et d’une vision claire et globale de la part de la Direction générale de  l’aviation civile a ajouté à l’aggravation de la crise de l’aviation en Tunisie ». « La situation a empiré du fait de la bureaucratie à outrance et de l’absence d’un programme intégré, ce qui a accentué la stagnation de la situation dans ce domaine crucial », a-t-il ajouté.